18 septembre 2011

Sur Saint François de Sales

Roger Schutz, Prieur de Taizé:

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Pour ma part, je porte une grande vénération au saint témoin du Christ que fut saint François de Sales et, en particulier, un aspect de sa personnalité m'a frappé. Je sais qu'il était un impétueux et un violent.  Mais, par une lente élaboration, Dieu a transfiguré en lui la violence en douceur, en humanité, en charité sereine pour nous. Dans ma vie  personnelle, comme dans la    direction spirituelle qui constitue une part essentielle de mon ministère, je me suis souvent référé à cet aspect qui a marqué la vie de saint François de Sales.

Des profondeurs de la peine des hommes monte aujourd'hui un appel. Dans notre vie quotidienne, et dans notre travail, nous sommes des êtres ordinaires; l'extraordinaire demeure caché. Le monde a besoin d'êtres d'exception par l'attention de leur charité plus que par leurs qualités naturelles. Saint François de Sales demeure alors pour nous le témoin de ce mystère de Dieu en nous: par une patiente élaboration, perceptible ou non, ce qui     demeurait obscur, inquiétant même, est traversé par la transfiguration du Christ. Lui seul atteint ces volontés rebelles qui n'accomplissent pas ce qu'elles aiment, mais un mal qui leur est contraire.

Plutôt que de nous laisser arrêter par les impossibilités et les ombres, en nous-mêmes et en tous, à nous dès lors de considérer chaque homme dans la lumière du Christ.  Avec beaucoup d'autres, je rends donc grâces à Dieu pour ce saint témoin du Christ qu'a été saint François de Sales, lui qui nous entraîne à marcher sur les traces mêmes du Christ..

 

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11 septembre 2011

Plus que 6 mois pour faire de moi un homme

 

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Lors d’une rencontre de la Formation Permanente des Chrétiens à Bruxelles (FPC), le père Guy nous a raconté l’his­toire d’un jeune qui avait croisé sa route (nous l’appelle­rons François). Tombé dans le milieu de la prostitution, ce jeune menait une vie bien différente de la nôtre mais aussi très difficile. Malgré sa marginalité, il avait trouvé une place dans le cœur du père Guy; et le père allait s’enrichir également de cette amitié.

Ils avaient convenu d’un code et lorsqu’une nuit, la son­nerie de la porte retentit trois fois, le père sut que c’était François. Il se leva donc. Tout ébouriffé, encore moitié endormi, et un peu mécontent d’être réveillé en pleine nuit, il ouvrit la porte. Devant lui, François lui lança: “Je sais que je t’emmerde, je sais que je n’ai pas encore fait ce que tu m’as conseillé, mais je ne pouvais pas m’en­dormir sans avoir vu ton regard fraternel se poser sur moi et me rendre visage humain”.

Bouleversé, le père n’ou­blia jamais ces paroles pleines d’amour et de sagesse. Il avait eu raison de ne pas le repousser ou simplement l’ignorer, comme il arrive si souvent de le faire. A ce mo­ment-là, il avait été le pain de François. Et les paroles de celui-ci furent un cadeau pour le père.  Le père ne revit plus François pendant des mois.

Soudain, un jour, il réapparut, excité comme une puce. Que se pas­sait-il? Et de nouveau François lui lança: “Je reviens de chez le médecin, il me reste six mois à vivre et il te reste six mois pour faire de moi quelqu’un de bien”.

Ils se sont mis à l’œuvre immédiatement. Il n’y avait pas de temps à perdre. Durant six mois, le jeune homme s’est donné à fond aux autres: entre les visites des foyers et des homes, entre les courses pour les personnes âgées et les témoi­gnages, François s’est donné sans compter. 

Il vivait enfin, il rayonnait, et ce jusqu’à ses dernières forces.   

Ensuite, la maladie gagnant du terrain, il ralentit la cadence mais il était heureux. Il avait rencontré le Christ avant d’aller Le rejoindre, laissant derrière lui un rayon lumineux dans le cœur de tous ceux qui par lui se sont laissé aimer.

Lysiane
Médiatrice et Reine -03/99  

 

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04 septembre 2011

JUS de SALADE

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On rêve de communauté où chacun, censément, serait le tout de l'autre.
Non pas comme des pommes sur le pommier où chacune est finalement
pour soi et le soleil pour tous.

Ni comme des fruits dans une même corbeille : il y a diversité, mais juxtaposée.

Alors on invente la communauté passée dans la moulinette ou le mixer.
Tout y passe en effet... la peau, les pépins.
Il en sort un jus uniforme, plein de vitamines.
Mais chacun y a perdu de sa personnalité.
C'était, dit-on, le résultat de certains ordres religieux autrefois.

C'est peut-être aujourd'hui l'idéal de telle communauté de base
où l'on ne sait plus très bien reconnaître laïcs, religieuses, gens mariés, célibataires.

Une solution meilleure ? La salade de fruits.
Chacun reste lui-même : poire, pomme, banane, ananas.
Et chacun bénéficie du goût propre de l'autre.
Mais à une condition : accepter évangéliquement
d'être coupé en quatre, dix ou douze morceaux si l'on est un beau gros fruit.

Seuls, les très humbles restent entiers : une cerise, un grain de raisin, une groseille.

Jacques Loew
"Farandoles et Fariboles" Ed. Fayard

 

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28 août 2011

Aller à la source de notre engagement ...

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Quelle est "l'annonce salésienne" de ma vie ?
Quelle est ma réponse?
Quel oui à Qui ?
Quel oui à quoi ?
Quel oui comment ?

Ce que tu as découvert de plus beau, ce que Dieu t'a fait comprendre,
garde-le dans ton cœur, comme le faisait Marie.
Prends-le avec toi pour la route, pour y penser de temps en temps.
Alors, peu à peu, la Parole de Dieu pourra agir en toi, et elle te fera renaître.
Avec toi aussi, Dieu veut entrer en conversation, en cœur à cœur.
Il te dit: "Ne crains rien. Regarde combien je t'aime.
Partout où tu iras, je serai avec toi".

Il te dit: "Regarde Jésus, mon Fils bien-aimé.
Regarde tout ce qu'il a fait et comment il a offert sa vie pour toi.
Et souviens-toi de ce qu'il a dit: ce sont des paroles qui libèrent".

Si Dieu est "chez lui" dans ton cœur, tu pourras chanter avec Marie:
«Mon âme exalte le Seigneur, et j'exulte de joie en Dieu, mon Sauveur»

Aux nombreux carrefours de la vie,
chaque matin est un départ.

La vocation renaît chaque jour
dans les oui que l’on dit … avec Amour.

S’engager, c’est apprendre à aimer …


Bon dimanche et ... bonne réflexion !

A+

 

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21 août 2011

Marie, modèle du chrétien au service du Royaume

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Il y a deux figures sous lesquelles Marie se présente comme modèle de la spiritualité salésienne: l'immaculée et l'Auxiliatrice. La première recouvre un aspect plus personnel, la seconde un aspect plus social et ecclésial.

Immaculée. Une femme tellement libérée de tout égoïsme - le péché est substantiellement un égoïsme - qu'elle peut vivre en une donation totale, en un «oui» permanent aux appels de Dieu. L'Immaculée ne doit pas être la Vierge du  moralisme adolescent facile, mais l'expression de la disponibilité radicale aux appels du Royaume, aux exigences de l'homme nouveau.

Auxiliatrice. La Vierge, vue comme modèle de «charité pastorale» à l'intérieur d'une Eglise en lutte permanente pour la diffusion du Royaume, la Vierge comme modèle d'engagement actif. 

L'immaculée et l'Auxiliatrice sont, sous d'autres termes, la Vierge de la libération, en prenant ce mot dans toute son ampleur, historique et transcendante, dans son réalisme pédagogique, dans son espérance active.

C'est pourquoi il faut voir Marie au-delà de toute conception plus ou moins infantile, dans sa spiritualité de la responsabilité, en tant que son «oui» est la pleine disponibilité à réaliser sa vocation propre.

Et nous ajoutons qu'il faut la voir dans la spiritualité de la fête, élément essentiel de la spiritualité salésienne.  «Mon âme  magnifie le Seigneur et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur»: c'est un chant de joie et de fête, précisément parce que c'est un chant de libération :  «Il a renversé les puissants de leurs trônes et élevé les humbles. Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.»    

 R. Tonnelli - article tiré de la revue pastorale des Vocations  ECHO  n°91 Juin 88

 

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