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☼Espace Prières · Toussaint
Tous Saints ?
Ma vocation, c'est la sainteté !

La force des Saints

Ma vocation, c'est la sainteté !
Mon Dieu,
ma vocation n'est pas le mariage
ni la vie consacrée,
ma vocation, c'est d'aimer…
Tu ne m'appelles pas à prêcher
ni à évangéliser, tu m'appelles à aimer…
Tu ne me commandes pas de comprendre
ni de faire comprendre,
tu me commandes d'aimer…
Au jour où je paraîtrai devant Toi,
Tu ne regarderas pas le mal que j'ai fait
ou que je n'ai pas fait ;
tu regarderas ma charité.
Toute vocation, tout appel,
tout commandement,
est ordonné à l'amour.
Notre seule vocation est la sainteté,
et la sainteté : c'est la charité !E. Vilain
La sainteté, épanouissement de l'amour
Parce qu'elle est le fruit du beau, du juste et du bon dans notre vie…




Un bouquet de pensées… Osez la sainteté !
Fleurs d'Âmes partagées
Cliquez sur un titre pour lire le texte.
Tous des Saints… ?Nous sommes parfois terriblement déçus par l’image de la sainteté, telle qu’on nous la présente ou telle que nous l’imaginons…
Nous sommes parfois terriblement déçus par l’image de la sainteté, telle qu’on nous la présente ou telle que nous l’imaginons : les saints seraient-ils ces gens, sérieux au point d’en être tristes, marchant les yeux baissés pour ne pas succomber à la tentation du monde ? Des gens à la démarche lente et sage pour ne pas dépasser le siècle et dont la bouche en cœur distille des propos mielleux, débordants de componction ? Les saints sont-ils devenus des hommes poussiéreux à force de passer des heures en oraison et fleurant l’encaustique, l’antimite et les traditions immuables ?
Les caricatures ne manquent pas de ces personnes dévotes, pétries d’eau bénite, et de bonnes intentions, et qui sont comme des reproches vivants pour les misérables pécheurs que nous sommes !
Ces « tristes saints », ennuyeux pour tout le monde, sont-ils ces « hommes nouveaux » créés par Dieu en Jésus-Christ ? Quel contraste avec les vrais saints pétris d’Évangile et reconnus par l’Église, des François d’Assise, passionné et passionnant, des Don Bosco, jeune et dynamique, des Benoît, bâtisseur d’Europe, des Vincent de Paul, révolutionnaire de la Charité, des Jeanne d’Arc, à la conquête virile, des Thérèse d’Avila, à la fougue joyeuse… et mille autres dévorés par l’amour du Christ, chantres de la Vie et du renouveau, poussés par le souffle de l’Esprit pour créer, bâtir, restaurer, agrandir le Royaume !
De l’air ! Qu’on redonne de l’air à la sainteté de tous les chrétiens. Qu’on les pousse vers la haute mer de la vie du monde, vers les tempêtes et les orages, vers les montagnes de la contemplation et les plaines du combat. Que tous les saints d’aujourd’hui, témoins joyeux de l’Esprit de Jésus qui les habite, soient présents à ce que vivent les hommes de notre temps là où les droits de l’homme sont bafoués, là où les petits pleurent sans espérance, là où l’invisible n’attend qu’un geste pour fleurir…
Que leur joie soit celle des pauvres de cœur, des doux, des pacifiques ; que leur fécondité soit proportionnelle à leur union de sarment à la vigne ; que leur discours soit signe percutant de la Parole ; que leurs actes expriment la solidarité, le partage, l’amour de la vie…
Que les hommes du 21e siècle rencontrent enfin des saints libérateurs et non des empêcheurs de danser en rond ; des saints trempés par le feu de l’Esprit et non par l’eau bénite ; des saints heureux et non des rabat-joie ; des saints tendres, généreux, enthousiastes, débordants de vitalité spirituelle, créatifs, novateurs…
Serons-nous ces saints-là ?
Gaston Lecleir — « Rythmes et Spirales vers Dieu », Éditions du Moustier
Donner du fruit en son tempsCharles de Foucauld : « Vous me dites que je serai heureux, heureux du vrai bonheur… »
C'est désormais le 1er décembre que l'Église fête Charles de Foucauld, béatifié en novembre 2005. Voici l'une de ses méditations sur le psaume 1.
Vous me dites que je serai heureux, heureux du vrai bonheur, heureux au dernier jour… que tout misérable que je sois, je suis un palmier planté au bord des eaux vives, des eaux vives de la volonté divine, de l’amour divin, de la grâce… et que je donnerai du fruit en mon temps. Vous daignez me consoler ; je me sens sans fruit : je suis converti depuis onze ans, qu’ai-je fait ? Quelles étaient les œuvres des saints et quelles sont les miennes ? Je me vois les mains vides de bien. Vous daignez me consoler : tu porteras du fruit en ton temps, me dites-vous… Quel est ce temps ? Notre temps à tous, c’est l’heure du jugement : Vous me promettez que si je persiste dans la bonne volonté et le combat, si pauvre que je me voie, j’aurai des fruits à cette dernière heure…
Et vous ajoutez : tu seras un bel arbre à feuilles éternelles vertes, et toutes tes œuvres auront une fin prospère, toutes rapporteront leur fruit pour l’éternité. Mon Dieu, que Vous êtes bon, que Vous êtes divinement consolant, ô Cœur de Jésus, comme c’est vous qui avez dicté ces premiers mots si tendres du Livre des Psaumes : Vous nous dites là, comme vous direz un jour en Galilée : « Mon joug est doux à porter et mon fardeau léger… » Merci mon Dieu de Vos consolations dont nos pauvres cœurs ont tant besoin.
Charles de Foucauld
Si tu es l’ouvrage de Dieu…Si tu es l’ouvrage de Dieu, attends tout de sa main…
Si tu es l’ouvrage de Dieu, attends tout de sa main :
Livre-toi à Celui qui peut te modeler et qui fait bien toutes choses ;
Quant à toi, ton rôle c’est de te laisser ouvrager.
Livre donc ton cœur à Dieu, comme une argile malléable,
et reçois en toi la forme que le Maître Ouvrier veut te donner.
Garde en toi cette humilité qui vient de la grâce,
de peur que ta rudesse n’empêche le Seigneur
d’imprimer en toi la marque de son doigt.
C’est en recevant son empreinte que tu deviendras parfait,
et seul le Seigneur pourra faire œuvre d’art
avec cette pauvre argile que tu es.
En effet, faire est le propre de la bonté de Dieu…
Saint Irénée de Lyon
Ce qui importeCe qui importe, ce n'est pas d'être heureux, mais de rendre les autres heureux…
Ce qui importe, ce n'est pas d'être heureux,
mais de rendre les autres heureux.
Ce qui importe, ce n'est pas d'être aimé,
mais d'aimer.
Ce qui importe, ce n'est pas de jouir,
mais de partager.
Ce qui importe, ce n'est pas de s'imposer,
mais de renoncer à soi-même.
Ce qui importe, ce n'est pas de trouver la vie,
mais de la perdre.
Ce qui importe, ce n'est pas que Dieu fasse notre volonté,
mais que nous fassions la sienne.
Ce qui importe, ce n'est pas que nous vivions longtemps,
mais que notre vie ait trouvé son vrai sens.
Ce qui importe, ce n'est pas ce que nous faisons,
mais comment et pourquoi nous le faisons.
Ce qui importe, ce n'est pas ce que pensent et disent de nous les gens,
mais ce que nous sommes devant Dieu.
Ce qui importe, ce n'est pas qui nous sommes,
mais comment nous sommes.
Ce qui importe, ce n'est pas d'avoir beaucoup de connaissance,
mais de mettre en pratique la connaissance que nous avons.
Ce qui importe, ce n'est pas ce que nous paraissons être,
mais ce que nous sommes.
Ce qui importe, ce n'est pas que la souffrance nous épargne,
mais que les souffrances atteignent en nous leur but.
Ce qui importe, ce n'est pas de savoir quand nous mourrons,
mais si nous sommes prêts à rencontrer Dieu.
Eva von Tiele-Winckler, diaconesse
Relire ma journée à la lumière des BéatitudesJe rencontre Jésus. Je suis au milieu de la foule, l'un d'entre eux et j'écoute…
Le texte des Béatitudes
À la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent de lui. Et, prenant la parole, il les enseignait :
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux.
Heureux les doux : ils auront la terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu.
Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux.
Heureux êtes-vous lorsque l'on vous insulte, que l'on vous persécute et que l'on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi.
Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ;
c'est ainsi en effet qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »(Mt 5, 1-12)
Relire ma journée à la lumière des Béatitudes
Je rencontre Jésus. Je suis au milieu de la foule, l'un d'entre eux et j'écoute. Je relis ma journée à la lumière des béatitudes. Je reprends une à une chacune des béatitudes et je réfléchis sur la manière dont je la vis ou ne la vis pas.
Je ne cherche pas à les voir toutes, mais je reste sur chacune d'elles tant que j'y trouve du grain à moudre. Je reprendrai les autres un autre jour.
Ce texte nous rappelle la finalité que le Christ veut pour nous : « LA JOIE SPIRITUELLE », qui nous est donnée par notre vie donnée dans l’amour d’autrui.
« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux. »
- Est-ce que je vis dans la pauvreté de cœur, comment je suis au travail, en famille, avec les amis ; mon cœur est-il humble devant ces personnes qui partagent ma vie ?
- Cette béatitude est au présent, c’est maintenant que je peux vivre dans le Royaume des cieux ; la paix intérieure que je ressens lorsque dans mon cœur se trouve une étincelle de l’amour du Christ n’est-elle pas un signe de la « JOIE SPIRITUELLE » promise par le Christ dans ces béatitudes ?
« Heureux les doux : ils auront la terre en partage.
Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :
ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.
Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu.
Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »
- Ces béatitudes sont au futur, c’est la promesse d'un futur encore plus beau, d’une joie encore plus grande. Comment je vis chaque jour l'amour de Dieu ?
« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux. »
- Dans mon quotidien suis-je juste avec toutes les personnes que je côtoie, les amis, la famille, les collègues ? Cette béatitude est au présent, comme s’il ne tenait qu’à nous de vivre dès aujourd’hui la « JOIE SPIRITUELLE ».
« Heureux êtes-vous lorsque l'on vous insulte, que l'on vous persécute et que l'on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. »
- Cette béatitude est également au futur, c’est encore une promesse pour le futur.
- Je peux avoir une pensée pour tous ces hommes et ces femmes qui aujourd’hui souffrent pour leur foi. Dans mon quotidien, comment suis-je prophète de l’amour de Dieu ? Est-ce que je témoigne de ma foi, ou ai-je peur ?
« Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ; c'est ainsi en effet qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »
- Voilà ce que nous promet le Christ : c'est la « JOIE SPIRITUELLE », appelée également la paix intérieure. La sérénité que je ressens au fond de mon cœur lorsque je vis en harmonie avec l'amour de DIEU.
La Parole de Dieu, une source inépuisablePourquoi disons-nous que la Bible est parole de Dieu ? Parce qu'elle nous inspire ? Et comment ?…
Pourquoi disons-nous que la Bible est parole de Dieu ? Parce qu'elle nous inspire ? Et comment ?
Nous proposons à votre réflexion un texte d'une qualité et d'une richesse exceptionnelles. Il a été écrit au IVe siècle par le diacre saint Éphrem.
Qui est capable de comprendre toute la richesse d'une seule de tes paroles, ô Dieu ? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, tout comme les gens assoiffés qui s'abreuvent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, tout comme sont nombreuses les perspectives de ceux qui l'étudient.
Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu'il aime. Et il a caché dans sa parole tous les trésors pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite. Sa parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis ; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert, qui devint pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle : « Ils ont mangé un aliment spirituel, et ils ont bu un breuvage spirituel. » (1 Co 10, 3-4)
Que celui qui obtient en partage une de ces richesses n'aille pas croire qu'il n'y a dans la parole de Dieu que ce qu'il y trouve ; qu'il se rende compte plutôt qu'il n'a été capable d'y découvrir qu'une seule chose parmi bien d'autres. Enrichi par la parole, qu'il ne croie pas que celle-ci est appauvrie ; incapable d'épuiser sa richesse, qu'il rende grâces pour sa grandeur.
Réjouis-toi, parce que tu es rassasié, mais ne t'attriste pas de ce que la richesse de la parole te dépasse. Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s'attriste pas de son impuissance à épuiser la source. Mieux vaut que la source apaise ta soif, plutôt que ta soif n'épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si, au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur.
Rends grâce pour ce que tu as reçu et ne murmure pas pour ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part ; mais ce qui reste est aussi ton héritage. Ce que tu n'as pas pu recevoir aussitôt à cause de ta faiblesse, reçois-le à d'autres moments grâce à ta persévérance. N'aie l'impudence, ni de vouloir prendre d'un coup ce qui ne peut être pris en une fois, ni de t'écarter de ce que tu pouvais recevoir peu à peu.
Sources chrétiennes, n° 121, pp. 52-53
Les 8 béatitudes de la confiancePourquoi ne pas laisser ce mot de « confiance » ouvrir en nous quelques chemins, au hasard de la langue ?…
Dans son nouveau numéro, la revue Croire Aujourd'hui Jeunes Chrétiens nous entraîne dans la perspective de la rencontre de Taizé en Île-de-France sur le thème de la Confiance (octobre - novembre 2002). Marguerite Léna, Communauté apostolique Saint-François-Xavier.
Pourquoi ne pas laisser ce mot de « confiance » ouvrir en nous quelques chemins, au hasard de la langue ? Ces chemins conduisent tous à des béatitudes.
1 - Confier une tâche
« J'ai besoin de vous ». Tout a commencé à Taizé par une parole de ce genre, dite à Frère Roger par une vieille paysanne du village, en pleine guerre de 40. Tout y continue par cette même parole. Car la confiance naît humblement, dans le geste de service qu'elle sollicite, dans le crédit fait à l'initiative qu'elle suscite : « Donne-moi à boire ». Et les tâches ne manquent pas : accueillir, renseigner, inviter au silence, au chant, à la parole. Jardiner, nettoyer, faire la vaisselle, distribuer les repas. Rien n'est imposé : la confiance se met mal à l'impératif. Mais tant d'énergies disponibles n'attendent qu'elle pour se donner.
Heureux celui qui se sait utile sans se sentir utilisé.
Heureux celui à qui sa tâche n'est pas prescrite mais confiée.
2 - Confier un secret
D'où vient que, dans cette foule anonyme de jeunes de toute nation, peuple et langue, chacun existe comme une personne singulière ? Que chacun s'éprouve un, unique ou unifié ? « Tu as du prix à mes yeux, car je t'aime ». Accéder à soi est de l'ordre du secret qui ne peut être forcé, mais seulement confié. À travers le silence et le chant, dans l'offre d'écoute fraternelle, le soir, dans le seul à seul de la prière, un secret monte parfois du plus profond de l'âme, se fraie un chemin de parole, ou simplement envahit la conscience de sa paix.
Heureux celui à qui est ainsi confié le secret de son identité pour Dieu et pour toujours. Heureux celui qui reçoit de notre Père qui voit dans le secret le caillou blanc où est gravé son nom de fils, son nom d'éternité.
3 - Se confier
Dans ce monde bruissant de paroles, ruisselant de communication, d'où vient qu'il est si rare de se rencontrer en vérité ? Peut-être parce que cette rencontre n'est jamais de l'ordre de l'information, ni même de l'explication, fût-elle armée de toute la compétence psychologique requise. La vérité de chacun se dérobe au savoir et aux prises, mais s'offre à la mutuelle confiance. Lorsque des jeunes de toutes origines se retrouvent à Taizé, loin de leurs attaches culturelles, professionnelles ou même confessionnelles, il ne leur reste à se confier que cette vérité. Confidence qui ne repose ni sur un passé ni sur un avenir communs, indépendante de toute compétence, de tout mérite, de tout droit. Simple partage de ce que chacun est dans l'aujourd'hui de Dieu.
Heureux celui qui, se confiant dans le risque de la rencontre, en reçoit une confiance renouvelée. Elle ne lui sera pas ôtée.
4 - Garder confiance
Étrange formule ! N'est-ce pas plutôt la confiance qui nous garde ? C'est même elle qui garde le monde, renaissante avec chaque regard d'enfant posé sur lui comme pour une première fois. Il faut des lieux, et Taizé en est un, où puissent être entendues sans indifférence et accueillies sans désespérance toutes les détresses du monde, de Sarajevo à Calcutta, de Gaza à New York. Des lieux où elles suscitent moins des résignations ou des révoltes que des courages. Où la confiance n'est pas gardée par un optimisme de façade ou par les œillères des peuples nantis. Où c'est la confiance qui nous garde.
Heureux celui qui vit, yeux ouverts et mains prêtes à l'emploi, sous cette seule garde.
5 - Confier une mission
« Chacun reçoit une part de don pastoral », écrit Frère Roger. Le nom nouveau reçu dans la prière ne se prononce qu'au vocatif : c'est le nom d'un appel, le don d'une mission. Une mission ne se détermine pas par avance, avec plan de route et gîtes d'étapes. Elle se reçoit dans l'Esprit Saint, le grand traceur de chemins inédits, le grand improvisateur des œuvres de Dieu. Aussi ne peut-elle être que confiée. Taizé n'a jamais voulu être un mouvement ou un groupement. Taizé est une source. Une source ne préjuge pas du cours du fleuve. Il lui suffit de l'alimenter.
Heureux celui qui, buvant au passage de cette source, repart d'un pas ferme vers sa propre mission, à lui seul confiée.
6 - Inspirer confiance
Car la confiance est bien une espèce d'inspiration : un souffle fragile et pourtant irrésistible. Un murmure de brise légère qui dit l'insaisissable proximité de Dieu. Seuls peuvent inspirer confiance les hommes nés de ce souffle dont nul ne sait pourtant ni d'où il vient ni où il va. Vivant de ce souffle, dans ce souffle, la communauté de Taizé peut inspirer confiance : la recevoir des jeunes, comme un élan jamais tari d'inspiration nouvelle ; l'insuffler en eux, comme le don contagieux de l'Esprit.
Heureux celui qui accorde son cœur au rythme discret de cette respiration.
7 - Faire confiance
La faire comme on fait une promesse : y engager sa liberté d'homme. Croire sans voir, avant de voir et parfois malgré le visible. La faire comme on fait un ouvrage : la produire en celui à qui elle a été refusée, en celui qui l'a perdue. La mettre au monde. À Taizé les jeunes ne sont pas une catégorie sociologique, ni le bouc émissaire du monde adulte, ni le miroir aux alouettes de la société de consommation. Ils sont les partenaires d'une confiance. Il n'est pas si facile que cela de croire en la jeunesse. Il n'est pas si facile non plus d'être l'objet de cette confiance : elle n'exige rien, mais elle attend tout.
Heureux celui qui fait confiance : il ouvre dans le monde la brèche du possible.
Heureux celui à qui confiance est faite : de cette brèche jaillissent les eaux vives.
8 - Donner confiance
Le don le plus impalpable. Le moins capable de piéger son destinataire. Le plus libérateur : « Va au large ». Le plus inépuisable : « Je serai avec toi ». Celui qui donne confiance a donné tout ce qu'il avait, et même plus qu'il n'avait. Il a posé sur l'autre le regard de Dieu sur sa création ; le regard du Christ sur Pierre dans le matin de Tibériade, à la première rencontre, et ce regard encore, après la trahison, dans la lumière de la résurrection. Il lui a fait pressentir la motion délicate, permanente, de l'Esprit Saint à l'intime du cœur.
Heureux celui qui quitte Taizé riche de cet unique trésor et prêt à devenir à son tour, pour l'inconnu de passage, donneur universel de confiance.
Découvrez de nombreux autres articles sur ce thème dans la revue Croire Aujourd'hui Jeunes Chrétiens, oct. - nov. 2002, n° 15.
« Qui nous enseignera le bonheur ? »Paul Ricœur : « J’aime beaucoup le mot bonheur. Longtemps, j’ai pensé que c’était soit trop facile, soit trop difficile de parler du bonheur… »
Pendant de nombreuses années, le philosophe Paul Ricœur, de tradition protestante, avait l’habitude de venir à Taizé. Il est décédé vendredi 20 mai 2005 à l’âge de 92 ans. Les extraits ci-dessous proviennent d’un entretien lors de son séjour à Taizé pendant la Semaine sainte 2000.
J’aime beaucoup le mot bonheur.
Longtemps, j’ai pensé que c’était soit trop facile, soit trop difficile de parler du bonheur.
Et j’ai dépassé cette pudeur. Ou plutôt je l’approfondis, cette pudeur, en face du mot bonheur. Je le prends dans toute la variété de ses significations, y compris celle des Béatitudes. Je dirais que la formule du bonheur c’est : « Heureux celui qui… »
Alors, le bonheur, je le salue comme justement une « re-connaissance », dans les trois sens du mot : je le reconnais comme étant mien, je l’approuve chez autrui, et j’ai de la gratitude pour ce que j’en ai connu, ces petits bonheurs, parmi lesquels ceux de la mémoire, pour me guérir des grands malheurs de l’oubli.
Et c’est là que je fonctionne à la fois comme philosophe, nourri des Grecs, et lecteur de la Bible et de l’Évangile, où on peut suivre le parcours du mot bonheur, mais dans les deux registres. Parce que le meilleur de la philosophie grecque est une réflexion sur le bonheur, le mot grec eudaimon - on a parlé de l’eudémonisme philosophique, chez Platon, chez Aristote -, et je m’y retrouve très bien avec la Bible. Je pense tout d’un coup au début du psaume 4 : « Ah ! Qui nous enseignera le bonheur ? » C’est une question un peu rhétorique, mais qui a sa réponse dans les Béatitudes.
Et les Béatitudes, c’est l’horizon de bonheur d’une vie sous le signe de la bienveillance, parce que le bonheur, ce n’est pas simplement ce que je n’ai pas, ce que j’espère avoir, mais aussi ce que j’ai goûté.
Paul Ricœur
L’homme n’est pas fait pour mourir !L’homme n’est pas fait pour mourir ! Et pourtant c’est bien ce qui lui arrive…
En mourant, Jésus-Christ porte le poids de ce qui nous déchire : violences, orgueil, désirs de possession, égoïsme, jalousies… Et en ressuscitant Il nous donne l’assurance définitive qu’un avenir est possible. Pour l’homme. Pour tout homme. C’est de cela que témoignent les saints célébrés le 1er novembre.
L’homme n’est pas fait pour mourir ! Et pourtant c’est bien ce qui lui arrive… C’est même la seule chose dont nous sommes tous assurés, même si nous n’osons pas nous l’avouer à nous-mêmes : un jour viendra où nous mourrons.
Face à cette vérité on peut se boucher les yeux, ne pas parler pour ne pas « effrayer les enfants » ou pour ne pas « se démoraliser ». Très tôt l’enfant qui découvre la vie interrogera ses proches « et toi, tu vas mourir aussi ? ».
On peut renoncer à répondre. Cependant l’homme a toujours cherché à comprendre : pourquoi vivre si c’est pour mourir ? La réponse religieuse n’est pas une fuite rassurante de la réalité.
Enterrer ses morts, s’incliner devant la dépouille d’un proche, se souvenir devant une stèle ou une pierre tombale, c’est aussi espérer la possibilité d’un aujourd’hui meilleur pour nos défunts.
Voici la bonne Nouvelle reçue et partagée par les chrétiens : par amour pour l’humanité, Dieu a voulu envoyer son Fils, Jésus, partager notre condition mortelle pour que ceux qui croient en Lui vivent pour toujours.
Dieu ne se berce pas d’illusion sur nous, Il sait qui nous sommes. Il connaît nos rêves et nos inquiétudes, nos peurs et nos larmes. Mais il veut pour nous plus que nous ne pouvons imaginer : que nous partagions sa vie. Jésus a accepté le supplice de la croix, non par attrait pour la mort mais pour nous sauver de ce qui nous empêche de vivre.
En mourant, Il porte le poids de ce qui nous déchire : violences, orgueil, désirs de possession, égoïsme, jalousies… Et en ressuscitant Il nous donne l’assurance définitive qu’un avenir est possible. Pour l’homme. Pour tout homme. C’est de cela que témoignent les saints célébrés le 1er novembre. C’est pour cela que l’Église invite tous les vivants à prier le 2 novembre pour les défunts. Le jour venu, chacun de nous est appelé à contempler Dieu face à face.
Mgr André Vingt-Trois
« La Foi est un rayon du Ciel, qui nous fait voir Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu. »La spiritualité de saint François de Sales est la source vive de notre vocation…
La spiritualité de saint François de Sales est la source vive de notre vocation où le travail apostolique, inlassablement, conjugue au présent le devenir de Dieu au cœur de l'humanité. Nous vous proposons ci-après un bref exposé de sa spiritualité.
Introduction
« Je voudrais que les filles de notre Congrégation eussent les pieds bien chaussés, mais le cœur bien déchaussé et bien nu des affections terrestres ; qu'elles eussent la tête bien couverte et l'esprit bien découvert, par une parfaite simplicité et dépouillement de la volonté propre », écrit saint François de Sales à sainte Jeanne de Chantal. Voilà en quelques mots l'essentiel de la spiritualité visitandine, ou salésienne plus largement. Nul besoin de grandes austérités extérieures démonstratrices : le plus important, mais aussi le plus difficile quoique le plus tardivement admis, est de renoncer à soi-même ! Et renoncer à soi-même est un effort quotidien, auquel chacun peut adhérer parce que chacun peut aller à son rythme… C'est faire extraordinairement toutes les choses ordinaires de la vie, mettre de la sainteté dans toutes les tâches communes de notre vie, offrir à Dieu toute chose, même les plus petites, et s'offrir soi-même en toute humilité à Dieu…
À la lecture de ces quelques lignes, certains seront tentés de croire que nous parlons de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de sa « petite voie » de sainteté. Ne vous y trompez pas : nous parlons toujours ici de saint François de Sales ! De même, lorsque saint François de Sales nous invite à nous abandonner en la divine volonté, ne pensons-nous pas au parfait « abandon » de la petite Thérèse ? En effet, la spiritualité salésienne, douce à vivre pour qui est animé d'un désir sincère d'être tout à Dieu et de reposer « contre la divine poitrine » de N. S., propose aussi une « petite voie » de sainteté, plus de deux siècles avant sainte Thérèse de Lisieux, âme toute salésienne oserons-nous dire ! C'est donc dire à quel point la pensée de saint François de Sales est actuelle, et en accord avec les aspirations profondes de notre temps ; c'est donc dire à quel point cette pensée nous ouvre sur le troisième millénaire, et nous appelle à devenir plus que jamais des saints en notre temps, et en notre monde. C'est ce que nous nous proposons de voir, malheureusement très succinctement. Nous espérons par conséquent que ce bref éclairage vous encouragera à consulter quelques-uns des excellents ouvrages de spiritualité salésienne déjà publiés.
« Vocation universelle à la sainteté » (Paul VI)
« L'amour de Dieu, quand il est parvenu jusqu'au degré de perfection auquel il ne nous fait pas seulement bien faire, ainsi nous fait opérer soigneusement, fréquemment et promptement, alors il s'appelle dévotion » [Intro. à la vie dévote, I, 1].
« À cultiver et à recueillir les fruits de cette dévotion, saint François de Sales, enflammé par la violence d'un saint désir, exhorte instamment et stimule tous les chrétiens, quelles que soient les différences de sexe, d'âge, de fortune ou de condition. La sainteté n'est la prérogative ni des uns ni des autres, de personne, mais une invitation et un ordre adressés à tous ceux qui portent le nom de chrétiens. « Mon ami, monte plus haut » (Lc 14, 10). Tous sont tenus à gravir la montagne du Seigneur, bien que ce ne soit pas par un seul et même chemin. » Ainsi écrit S.S. Paul VI dans sa Lettre apostolique Sabaudiae Gemma pour présenter l'universelle vocation à la sainteté que nous propose saint François de Sales.
Que chacun soit appelé à devenir saint, c'est aujourd'hui pour le chrétien quelque chose d'évident. Mais que de chemin parcouru ! En effet, ce n'était pas si évident que cela au XVIIe siècle, et nous oserons dire jusqu'au début du XXe siècle même. Rappelons que le XVIe siècle a été siècle d'expansion de « l'hérésie » protestante, calviniste ou luthérienne. Rappelons aussi que le XVIIe siècle a quant à lui vu le développement du jansénisme, qui imprimera son empreinte sur les consciences chrétiennes de longues années.
Saint François de Sales est donc véritablement un saint d'avant-garde, et qui détonne avec les « esprits » de son temps en proposant la sainteté pour tous, par l'accomplissement du devoir d'état et de la sainte dévotion. Il faudra que de grands saints vivent cette aspiration salésienne, vivent dans l'esprit de saint François de Sales, pour que ceci devienne évidence : ainsi pouvons-nous citer saint Vincent de Paul, nommé Aumônier Général des Galères le 8 février 1619 par Louis XIII, alors que saint François de Sales était lui-même présent à la Cour de France. Nous pouvons aussi citer saint Jean Bosco, ou encore, comme nous le suggérions en introduction à cette partie, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la Sainte Face, âme typiquement salésienne comme nous le montre sa « petite voie » de sainteté, ce qui n'est d'ailleurs pas étonnant puisque sa tante était elle-même visitandine… Et que de saints encore ont suivi saint François de Sales en leur spiritualité !
Tous des saints ! Quelle plus belle espérance pour le chrétien ? Aussi, il nous faut en voir quels en sont les moyens.
S'abandonner en la divine volonté
La juste observance des commandements divins
« Il faut avant toutes choses observer les commandements généraux de Dieu et de l'Église, qui sont établis pour tout fidèle chrétien, et sans cela, ajoute-t-il, il n'y peut avoir aucune dévotion au monde : cela, chacun le sait ».
Voilà certainement l'élément le plus important de la spiritualité salésienne : l'obéissance, et au-delà savoir abandonner sa volonté propre en la divine volonté. Bien sûr, cela semble bien étrange à l'heure actuelle, où l'on encourage chacun à « s'épanouir » en lui-même et pour soi-même ! Et de fait, s'abandonner en la divine volonté n'est pas un chemin de facilité : « Il faut fourrer notre cervelle entre les épines des difficultés et laisser transpercer notre cœur de la lance de la contradiction ; boire le fiel et avaler le vinaigre… Puisque c'est Dieu qui le veut », nous enseigne saint François de Sales. C'est même certainement plus difficile à vivre pleinement que toute mortification extérieure, car cet esprit d'abandon nécessite un abaissement de soi, une humilité pour tout dire, peu commune aujourd'hui.
Vouloir abandonner sa volonté
Mais peu commune ne signifie pas impossible. En fait, la condition première est d'abord de le vouloir, et c'est cette volonté d'abandonner sa propre volonté qui manque bien souvent ! C'est cette obéissance aux divins commandements qui manque bien souvent ! Peut-être parce que nous croyons que c'est en franchissant l'interdit que nous nous exprimons pleinement ; mais nous ignorons alors grandement combien il est parfois bon de se laisser conduire, par simple velléité d'indépendance. « De cent mille fruits délicieux, Ève choisit celui qu'on lui avait défendu, et sans doute que si on le lui eût permis elle n'en eût pas mangé » ! Saint François de Sales montre ici bien justement la réalité. Nous refusons bien souvent volontairement tout esprit d'obéissance, et c'est alors que nous nous enchaînons.
En effet, c'est en sachant renoncer à soi-même pour être tout à Dieu, pour nous laisser conduire selon la divine volonté, que nos chaînes se rompent et que nous acquérons une pleine liberté. Dieu ne veut-il pas notre bien, et n'est-il pas celui qui sait le mieux où trouver notre bien et notre bonheur ? C'est ainsi que le saint évêque nous dit que « la vraie lumière du ciel vous fait voir votre chemin ; elle vous conduira par icelui fort heureusement. » C'est par conséquent un appel à se laisser conduire joyeusement, certains d'arriver là où Dieu veut nous mener, c'est-à-dire au-delà de toutes nos espérances !
Peut-être certains seront-ils choqués et se diront : « quelle horreur ! Aucun esprit d'initiative, notre intelligence annihilée ! »… Profonde méprise ! Bien au contraire, nous avons tout à gagner à savoir nous abandonner parfois ! Les Visitandines en sont un beau témoignage, et la preuve vécue : ainsi, chaque année elles changent de cellule, de mobilier, de croix de profession même, afin de ne s'attacher à rien pour être tout à Dieu, afin de n'avoir aucune attache ici-bas par esprit d'abandon ; et pourtant, c'est merveille de voir à quel point chacune de ces Visitandines fait pleinement profiter la communauté de ses compétences, l'une en brodant, l'autre en peignant… Car n'est-ce pas aussi s'abandonner en la divine volonté que de faire fructifier les dons que nous a donnés le Seigneur ? On l'oublie bien souvent !
Ainsi, c'est en toute confiance qu'il faut savoir se laisser conduire. « Nourrissez votre chère âme en l'esprit de cordiale confiance en Dieu », Dieu vous mènera au mieux !
La nécessaire simplicité
Le manque d'honnêteté
« Nous disons maintes fois que nous ne sommes rien, que nous sommes la misère même et l'ordure du monde ; mais nous serions bien marris qu'on nous prît au mot et que l'on nous publiât tel que nous disons » ! Eh oui ! Qui d'entre nous n'a jamais fait de fausse humilité ? Qui d'entre nous ne s'est jamais lamenté sur la petitesse de l'homme, ou sur le superflu de notre condition ? Et pourtant, nul ne le fait bien sincèrement ! Saint François de Sales nous demande ici d'être honnête avec nous-mêmes, et de nous accepter simplement, tels que nous sommes. « Ne rien demander, ne rien refuser », accomplir ce que nous devons faire en toute simplicité.
Que nous faut-il entendre par « simplicité » ?
Simplicité extérieure. Déjà, voyons ce qu'il ne faut pas entendre ! D'abord, simple ne veut pas dire négligé : « Soyez propre, Philothée ; qu'il n'y ait rien sur vous de traînant et mal agencé ; c'est un mépris de ceux avec lesquels on converse d'aller entre eux en habit désagréable ».
Cela ne veut pas dire non plus qu'il faille renoncer à être ce que nous sommes, c'est-à-dire exagérer notre dépouillement extérieur, bien souvent au détriment du reste. De fait, le saint évêque a toujours enseigné à respecter les devoirs de sa condition, ainsi que le montrent ces remontrances qu'il fait à Mme de Charmoisy : « il faut que je me courrouce un peu avec vous, parce que mon neveu n'est pas habillé convenablement à sa qualité, ni au service auquel il est. […] Il n'y a remède, ma très chère Fille, il faut suivre les lois du monde, puisqu'on y est, en tout ce qui n'est pas contraire à la loi de Dieu ». Voilà qui est clair. Il faut bien entendu rappeler ici que saint François de Sales est contemporain de la Réforme, qui insiste grandement sur le dépouillement extérieur. Lui, ardent défenseur de l'Église catholique, déclare bien justement : « je n'ai jamais pu approuver la méthode de ceux qui pour réformer l'homme commencent par l'extérieur, par les contenances, par les habits, par les cheveux. Il me semble au contraire qu'il faut commencer par l'intérieur ». Rénover d'abord l'intérieur, voilà en effet le plus important.
Il ne faut toutefois pas s'imaginer que saint François de Sales encourage le luxe ou les « fioritures » ! Pour preuve, considérons la manière dont il reprend la baronne de Chantal au début de leur amitié, pour lui faire ôter parures et autres bijoux… Extérieurement, simple est synonyme de convenable.
Simplicité intérieure. Mais la simplicité extérieure ne suffit pas, et n'est même pas le plus important, comme nous l'avons vu. Il faut être simple intérieurement d'abord, pour notre plus grand bien. En effet, « on ne possède jamais tant d'honneur qu'en les méprisant », nous enseigne le saint évêque. De fait, il faut savoir vivre simplement, faire les choses simplement et être simple en toutes choses… Être simple, c'est aussi être tout à tous. « J'approuve que l'on s'abaisse quelquefois à des bas services, même à l'endroit des inférieurs… » Mais ce ne doit pas être un abaissement « affecté », et de fait saint François de Sales ajoute aussitôt : « Mais que ce soit toujours naïvement et joyeusement », naïvement, et nous rejoignons ici l'« abandon » qui nécessite un certain esprit d'enfance, et joyeusement, car tout est grâce et n'est-ce pas joie que de suivre la divine volonté ?
De fait, cela suppose un certain dégoût des mondanités, que le saint évêque n'avait de cesse de condamner, et lui-même nous en montre l'exemple. Ainsi, alors que tout homme tirerait un certain plaisir, pour ne pas dire orgueil, à côtoyer les grands de ce monde, nous pouvons relire ces quelques mots de saint François de Sales à sainte Jeanne de Chantal, lui commentant une prédication devant la Cour de France lors de son troisième voyage à Paris : « j'ai prêché ce matin devant la Reine et tout son beau monde ; mais en vérité, je n'ai pas prêché avec plus de soin, plus d'affectation ni plus de plaisir qu'en ma pauvre petite Visitation. Ah ! ma Fille, que la vive présence du Roi et de la Reine du Ciel fait bien éclipser devant les yeux de notre cœur toutes autres grandeurs de la terre ! » Suprême simplicité de celui qui sait où trouver l'essentiel, qui sait se contenter en lui, et ne s'attacher à aucune gloire ici-bas ! Saint François de Sales s'est fait l'interprétation vivante de cette exhortation de l'épître aux Romains : « n'ayez pas le goût des grandeurs mais laissez-vous attirer par ce qui est simple » (Rm 12), et tout son enseignement n'a de cesse de nous le rappeler.
Abandon de soi, simplicité… Voilà de quoi nous façonner spirituellement, voilà de quoi être modelé par le Bon Dieu, comme une « boule de cire » entre ses mains.
Le summum de notre marche à la sainteté
La douceur, « fleur de la charité », alliée de l'humilité
Pourquoi ce titre ? Pourquoi dire que la douceur est alliée de l'humilité ? Saint François de Sales nous en donne lui-même la réponse : « L'humilité rend notre cœur doux ». En effet, de l'humilité découle toute vertu comme de l'orgueil découle tout péché. « Notre-Seigneur est si amoureux de l'humilité qu'il met au hasard que nous perdions toutes les autres vertus pour conserver celle-ci ». Et que la douceur aille de pair avec l'humilité, comment en douter, notamment en considération des efforts constants de notre saint pour acquérir cette douceur que l'on retient de lui ?
« Il faut bien toujours tenir ferme en nos deux chères vertus, la douceur envers le prochain et la très aimable humilité envers Dieu… », nous enseigne-t-il encore. De fait, cette humilité, « grand secret pour entretenir une bonne dévotion », est la clef de notre fidélité à Dieu.
La tentation du découragement
Certains peut-être seraient tentés par le découragement, tentés de se dire « trop dur pour moi » ! Saint François de Sales vient alors nous soutenir pour que nous puissions « tenir ferme ». Ainsi écrit-il à une carmélite : « Je vous dis que vous serez fidèle si vous êtes humble. Mais serai-je humble ? Oui, si vous le voulez. Mais je le veux. Vous l'êtes donc. Mais je sens bien que je ne le suis pas. Tant mieux, car cela sert à l'être plus assurément. » Nous pouvons encore l'entendre nous enseigner : « Ne retournez point vos yeux devers vos infirmités et insuffisances sinon pour vous humilier, et non jamais pour vous décourager ».
L'humilité vécue du saint
Nous pouvons prendre ici exemple du saint évêque lui-même, dont l'humilité était remarquable. Et pour s'en assurer, relisons ce qu'il écrivait un jour à sainte Jeanne de Chantal : « Ma chère Fille, j'écrirai à Monsieur votre beau-père selon votre désir ; mais vous n'écrivez pas selon le mien, ni à ma mère, ni à Mme de Charmoisy, quand vous dites "notre bon et saint Évêque" ; car, en lieu que ces bonnes femmes devraient lire sot Évêque, elles lisent saint Évêque. » Comment ici ne pas penser à un autre saint, le saint curé d'Ars, qui lui aussi se qualifiait lui-même de sot ? Vraiment, l'humilité est première des vertus, commune à tous les grands saints. Et une vertu « discrète », la vertu du simple : « Pour l'extérieur, n'affectez pas l'humilité visible, mais ne la fuyez pas aussi » ; c'est somme toute être humble par nature, sans feindre ni exagérer… Et c'est savoir y trouver son bonheur, car être humble est être tout à Dieu et tout pour Dieu : « Tenez-vous donc joyeusement humble devant Dieu », nous exhorte le saint évêque.
Voilà sommairement les principales vertus qu'il nous faut entretenir : abandon de soi, simplicité, douceur, humilité… Pleinement vécues, paix, bonheur, accomplissement de soi et surtout céleste héritage en seront la clef.
Conclusion
Pour conclure ce bref exposé de la spiritualité de François de Sales, qui n'est cependant qu'un petit aperçu bien loin de pouvoir transmettre toute la richesse de la pensée de ce saint, nous pouvons de nouveau derrière lui exhorter chacun à persévérer dans l'accomplissement de son devoir. « Il faut avoir un cœur de longue haleine ; les grands desseins ne se font qu'à force de patience et de longueur de temps ; les choses qui croissent en un jour se perdent en un autre. Courage donc » ! Quel plus grand dessein que celui d'être saint ? Alors, suivons la voie qui nous est proposée, simplement, humblement, en sachant mettre de côté nos « terrestres » aspirations pour n'écouter que la divine volonté. Suivez doucement mais fermement le chemin que vous ouvre saint François de Sales et « faites honneur à notre dévotion ; rendez-la fort aimable à tous ceux qui vous connaîtront, mais surtout à votre famille ; faites que chacun en dise du bien ».
Sachons retourner à l'essentiel, et ne pas nous attacher au superflu. Rendons grâce à Dieu pour ce que nous sommes et ce qu'Il nous donne. « Ne sommes-nous pas trop heureux de savoir qu'il faut aimer Dieu et que tout notre bien gît à le servir, toute notre gloire à l'honorer ? Ô que sa bonté est grande sur nous ! »
« Les Saints méritent qu'on les fête »Un billet d'humeur de Karl Zéro : « La tante Germaine mérite son pot de fleurs. »
Ouvrez le dictionnaire. Astucieusement placé entre « hallali » et « hallucinogène », il y a ce mot anglais « halloween » : « une fête célébrée le 31 octobre dans certains pays anglo-saxons. » Reportez-vous à « Commonwealth » : « ensemble d'États issus de l'Empire britannique ». Entre Chypre et Gambie, pas trace de la France…
Alors soit notre adhésion en catimini au Commonwealth est trop récente pour figurer dans le dictionnaire, soit nous nous apprêtons encore à suivre d'un œil las les pérégrinations ineptes de nos enfants qui, déguisés en « Jason » (de « Vendredi 13 ») vont aller glapir devant chez les voisins pour obtenir des sucreries…
D'aucuns feront remarquer qu'à tout prendre, c'est plus rigolo pour nos chères têtes blondes que d'aller déposer les traditionnels chrysanthèmes sur la tombe de Tante Germaine.
Ils auront tort, car ils ne se feront en cela que l'écho des importateurs de cet absurde maelström orange et noir qui font tout pour transformer la Toussaint (1er novembre) en jour des Défunts (2 novembre) pour finalement reconvertir le tout en un lucratif tour de passe-passe, en « halloween ». Méfiez-vous… des contrefaçons !
La Tante Germaine mérite son pot de fleurs.
Les Saints méritent qu'on les fête.
Je vais prier pour qu'ils inspirent José Bové,
qu'il aille détruire ces champs de citrouilles mercantilement modifiées !
Karl Zéro
Avec l'aimable autorisation de Karl Zéro et d'Initiative Jeune du diocèse de Paris. Extrait du journal diffusé à l'occasion de « Holy wins ».
Les anciennes pages de ces textes étaient illustrées par les photographies de Bernard Bischoff et de Gérard Therin.
Dans l'amitié de Dieu
À toutes les personnes qui habitent notre cœur et qui nous manquent… Nous les savons dans l'amitié de Dieu.
Nous rendons grâce pour tout ce que nous avons partagé… pour tout ce qu'ils nous ont confié…
C'est pour cela que dans la lumière de la Résurrection nous disons notre Foi et notre Espérance.
Sainteté salésienne
Saint François de Sales : « Donner concrètement notre oui à ce qui nous est demandé. »Accomplir soigneusement et rigoureusement les tâches qui nous incombent et se fier à la Providence.
« Le soin et la diligence1 que nous devons avoir en nos affaires sont choses bien différentes de la sollicitude2, souci et empressement. …Soyez donc soigneuse et diligente en toutes les affaires que vous aurez en charge, ma Philothée, car Dieu vous les ayant confiées veut que vous en ayez un grand soin ; mais s'il est possible, n'en soyez pas en sollicitude et souci, c'est-à-dire, ne les entreprenez pas avec inquiétude, anxiété et ardeur. Ne vous empressez point à la besogne : car toute sorte d'empressement trouble la raison et le jugement, et nous empêche même de bien faire la chose à laquelle nous nous empressons.
Les bourdons font plus de bruit et sont bien plus empressés que les abeilles, mais ils ne font sinon la cire et non point de miel : ainsi ceux qui s'empressent d'un souci cuisant et d'une sollicitude bruyante, ne font jamais ni beaucoup ni bien. Les mouches ne nous inquiètent pas par leur effort, mais par la multitude : ainsi les grandes affaires ne nous troublent pas tant comme les menues, quand elles sont en grand nombre. Recevez donc les affaires qui vous arriveront, en paix, et tâchez de les faire par ordre, l'une après l'autre ; car si vous les voulez faire tout à coup ou en désordre, vous ferez des efforts qui vous fouleront et alanguiront votre esprit, et pour l'ordinaire vous demeurerez accablée sous la presse et sans effet.
Et en toutes vos affaires, appuyez-vous totalement sur la providence de Dieu, par laquelle seule tous vos desseins doivent réussir ; travaillez néanmoins de votre côté tout doucement pour coopérer avec elle, et croyez que si vous vous êtes bien confiée en Dieu, le succès qui vous arrivera sera toujours le plus profitable pour vous, soit qu'il vous semble bon ou mauvais selon votre jugement particulier.
Faites comme les petits enfants, qui de l'une des mains se tiennent à leur père, et de l'autre cueillent des fraises ou des mûres le long des haies ; car de même, amassant et maniant les biens de ce monde de l'une de vos mains, tenez toujours de l'autre la main du Père céleste, vous retournant de temps en temps à lui, pour voir s'il a agréable votre ménage ou vos occupations. Et gardez bien sur toutes choses de quitter sa main et sa protection, pensant d'amasser ou recueillir davantage ; car s'il vous abandonne, vous ne ferez point de pas sans donner du nez en terre. Je veux dire que, quand vous serez parmi les affaires et occupations communes, qui ne requièrent pas une attention si forte et si pressante, vous regardiez plus Dieu que les affaires ; et quand les affaires sont de si grande importance qu'elles requièrent toute votre attention pour être bien faites, de temps en temps vous regarderez à Dieu, comme font ceux qui naviguent en mer, lesquels, pour aller à la terre qu'ils désirent, regardent plus en haut au ciel que non pas en bas où ils voguent. Ainsi Dieu travaillera avec vous, en vous et pour vous, et votre travail sera suivi de consolation. »
IVD, 3e partie, ch. 10 : « Qu'il faut traiter des affaires avec soin et sans empressement ni souci. »
« … il ne faut rien oublier de tout ce qui est requis pour faire bien réussir les entreprises que Dieu nous met en main, mais à la charge que si l'événement est contraire, nous le recevrons doucement et tranquillement ; car nous avons commandement d'avoir un grand soin des choses qui regardent la gloire de Dieu et qui sont en notre charge, mais nous ne sommes pas obligés ni chargés de l'événement, car ce n'est pas en notre pouvoir. … c'est à nous de bien planter et bien arroser ; mais de donner l'accroissement, cela n'appartient qu'à Dieu. »
« … Le laboureur ne sera jamais tancé s'il n'a pas belle cueillette, mais oui bien s'il n'a pas bien labouré. » (TAD, livre 9, ch. 6 et 7)
1 Diligence = rapidité. 2 À cette époque, sollicitude voulait dire inquiétude, empressement pour demander, obtenir quelque chose.
Marie-Dominique Mazzarello : se faire saintsChaque personne porte en elle un espace qui est saint, c'est l'audace du silence où Dieu habite.
Se faire saints. Voilà pour Marie-Dominique (Mazzarello) le but du cheminement spirituel. « À nous, religieuses, il ne suffit pas de sauver notre âme, nous devons nous faire saintes, et avec nos bonnes œuvres, rendre saintes beaucoup d'autres âmes qui attendent que nous les aidions » (L 15,3) (…)
Chaque personne porte en elle un espace qui est saint, c'est l'audace du silence où Dieu habite. (…)
Contribuer au chemin de sainteté des autres, veut aussi dire aider les personnes à établir une relation avec le Dieu saint et à devenir ses familiers, les remplir de l'Esprit du Dieu Saint.
C'est Dieu qui sanctifie.
Mais ceci, Marie-Dominique reconnaît aussi notre responsabilité, c'est-à-dire : nous sanctifier et sanctifier les autres. Nous devons laisser l'Esprit de Dieu opérer en nous. Par nous, l'Esprit de Dieu qui guérit et sanctifie, se déverse sur les autres et les sanctifie.
Saint Jean Bosco, homme de rupture et modèle de saintetéLes « saints de la Charité » de l’encyclique Deus caritas est — Don Pascual Chávez
Dans l'encyclique Deus Caritas Est, Benoît XVI mentionne plusieurs grandes figures de « martyrs de la charité », parmi lesquels Jean Bosco, prêtre et éducateur, dont Bruno Chenu disait qu'il avait « devancé le Concile d'un siècle ».
Dans le bouleversement politique, social, économique, religieux italien qui a caractérisé une bonne partie du XIXe siècle, et que nous appelons le « Risorgimento », Don Bosco (1815-1888) a ressenti le drame d’un peuple qui s’éloignait de la foi, et il ressentit surtout le drame de la jeunesse, aimée par le Christ, abandonnée et trahie dans ses idéaux et dans ses aspirations, par les hommes de la politique, de l’économie, et même aussi de l’Église.
Face à cette situation, il a réagi de manière énergique, en trouvant des formes nouvelles pour s’opposer au mal ; il a résisté aux forces négatives de la société en dénonçant l’ambiguïté et le caractère dangereux de la situation, « en contestant » - à sa manière bien sûr - les puissances fortes de son temps. Il s’est alors mis en harmonie, pour les développer et pour les renforcer, avec les possibilités qui lui étaient offertes par les conditions historiques et culturelles, et par les conjonctures économiques du moment historique : la structure sociale paternaliste de l’ancien régime du Royaume Sarde, l’ordre politique libéral qui a permis l’ouverture aux œuvres de charité et de philanthropie ; la disponibilité de ressources pour la bienfaisance, les accords importants, malgré des oppositions partielles du monde ecclésiastique, des autorités et des fidèles. C’est ainsi qu’il fonda des patronages, des écoles de différents types, des laboratoires d’artisans, des journaux et des revues, des typographies et des maisons d’édition, des associations de jeunes, religieuses, culturelles, récréatives, sociales ; des églises, des Missions étrangères, des activités d’assistance en faveur des émigrés, ainsi que deux Congrégations religieuses et une Congrégation de laïcs qui poursuivirent son œuvre.
Il y réussit grâce aussi à ses dons particuliers marqués de communicateur né, malgré le manque de ressources économiques (toujours insuffisantes pour ses réalisations), son modeste bagage culturel et intellectuel (à un moment où on avait besoin de réponses de haut niveau théorique), le fait d’être enfant d’une théologie et d’une conception sociales ayant de grandes limites (et donc incapable de répondre à la sécularisation et aux révolutions sociales profondes en cours). Toujours poussé par la force hardie de sa foi, dans des circonstances difficiles, il demanda et obtint des aides de partout, catholiques et anticléricaux, riches et pauvres, hommes et femmes du monde de l’argent et du pouvoir, et représentants de la noblesse, de la bourgeoisie, du bas et du haut clergé. Ses demandes d’aide ne pouvaient pas ne pas se faire sentir directement ou indirectement comme un défi, comme une condamnation morale envers ceux qui avaient fermé leur cœur à la réalité souffrante du prochain, en en enlevant la présence gênante qui était un reproche, parce qu’il était préférable pour eux de vivre dans la respectabilité des critères de l’éthique libertine.
L’importance historique de Don Bosco doit être toutefois recherchée, non pas tellement dans les très nombreuses « œuvres » et dans certains éléments méthodologiques relativement originaux - le célèbre « système préventif de Don Bosco » -, que dans la perception intellectuelle et émotive qu’il eut de la portée universelle, théologique et sociale, du problème de la jeunesse « abandonnée », c’est-à-dire de la masse énorme de jeunes dont on ne s’occupait pas, ou dont on s’occupait mal ; dans l’intuition de la présence à Turin tout d’abord - en Italie et dans le monde ensuite - d’une forte sensibilité, dans le civil et dans le « politique » du problème de l’éducation de la jeunesse et de sa compréhension de la part des couches les plus averties et de l’opinion publique ; dans l’idée qu’il lança d’interventions justes sur une large échelle dans le monde catholique et civil, comme nécessité primordiale pour la vie de l’Église et pour la survie elle-même de l’ordre social ; et dans la capacité de la communiquer à de vastes groupes de collaborateurs, de bienfaiteurs et d’admirateurs.
Ni politique, ni sociologue, ni syndicaliste « ante litteram », mais simplement prêtre et éducateur, Don Bosco partit de l’idée que l’éducation pouvait beaucoup, dans n’importe quelle situation, si elle était faite avec le maximum de bonne volonté, d’engagement et de capacité d’adaptation. Il s’engagea à changer les consciences, à les former à l’honnêteté humaine, à la loyauté civique et politique, et, dans cette perspective, à « changer » la société, par l’éducation. Il transforma les valeurs fortes dans lesquelles il croyait - et qu’il défendit contre tous - en faits sociaux, en gestes concrets, sans rien céder dans le domaine spirituel et dans le domaine ecclésial compris comme domaine exempt des problèmes du monde et de la vie. Au contraire, fort de sa vocation de prêtre éducateur, il cultiva un quotidien qui n’était pas absence d’horizons (mais au contraire dimension incarnée de la valeur et de l’idéal) ; qui ne soit pas une niche protectrice et un refus de la confrontation ouverte (mais vouloir se mesurer avec une réalité plus ample et plus diversifiée) ; qui n’était pas un monde restreint de peu de besoins à satisfaire et le lieu de répétition mécanique d’attitudes traditionnelles ; qui n’était pas refus de toute tension, du sacrifice exigeant, du risque, de la dénonciation, du renoncement au plaisir immédiat, de la lutte. Il eut pour lui et pour les Salésiens la liberté et la fierté de l’autonomie. Il ne voulut pas lier l’avenir de son œuvre au changement imprévisible des régimes politiques.
Le théologien français bien connu, le Père Chenu, O.P., répondant dans les années 1980 à la question d’un journaliste qui lui demandait de lui indiquer les noms de plusieurs porteurs d’un message d’actualité pour les temps nouveaux, déclara sans hésiter : « J’aime à rappeler, avant tout, celui qui a devancé le Concile d’un siècle : Don Bosco. Il est déjà, prophétiquement, un homme modèle de sainteté par son œuvre qui est en rupture avec le mode de penser et de croire de ses contemporains ».
Il fut un modèle pour beaucoup ; nombreux sont ceux qui imitèrent ses exemples, en devenant à leur tour le « Don Bosco de Bergame, de Bologne, de Messine, et ainsi de suite ». La figure et la signification de Don Bosco et de son œuvre sont reconnues historiquement et universellement, malgré ceux qui écrivirent, comme l’écrivain bien connu Alberto Moravia, que « les saints ne font pas l’histoire ». Évidemment, le « secret » de son « succès », chacun le trouve dans l’un ou l’autre des différents aspects de sa personnalité complexe : entrepreneur très capable d’œuvres éducatives, organisateur clairvoyant d’entreprises nationales et internationales, éducateur très fin, maître de qualité, etc.
Don Pascual Chávez
À partir d'une foi personnelle et d'une prise de conscience de la présence de Dieu dans ma vie, savoir ce que le Seigneur me demande comme démarche missionnaire prioritaire en tant que Coopérateur et découvrir en moi les ressources que l'Esprit m'a confiées.
La vocation chrétienne est ensemble un don et un engagement. De cette harmonie vécue pleinement au quotidien dépend la « vérité » de notre vie, qui devient ainsi un lieu source où Dieu rencontre l'humanité.
La découverte d'un appel du Seigneur, c'est la découverte d'une responsabilité. Dire oui, c'est choisir de servir.
Franz Defaut, sc
Illustration musicale
Paroles et musique de Théo Mertens — en savoir plus · Notre cahier de chants
- Oser la vie
- Viens mélanger tes couleurs
- Les enfants de la Terre
- Du pain, du travail et le paradis
- Ami de Dieu, amis des Hommes
- Femme de Parole
- Qui se lèvera
- Le saltimbanque du Seigneur
- Avec un sourire
- Tout Homme
- Buona Notte
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