Pendant cet Avent, un temps m’est donné pour durer dans l’attente.
Durer dans l’attente, cela me conduit
à réveiller l’impatience de mon désir,
à entrer dans la patience de l’attente.
Impatience de mon désir...
« Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? » (Psaume 91, 13)
Il y a une belle impatience dans le désir que je peux exprimer devant Dieu.
Oui, il me tarde qu’il réponde.
Quand l’Eglise demande, dans ce temps de l’Avent :
« Viens ! Seigneur, Jésus ! »,
son désir n’est pas neutre, et comme lointain.
Sa prière se fait instante, insistante, impatiente.
Comme l’Eglise, et comme le psalmiste,
ma prière, pendant cet Avent, est appelée à se réveiller.
Est-ce que je peux, durant ce temps qui m’est offert,
laisser mon désir de Dieu
se réveiller dans l’impatience, appeler vraiment,
sortir de sa morosité ?
Le monde, aussi, qui m’entoure,
l’attente de ceux que je peux rencontrer,
appellent en moi cette impatience qui habite l’Avent...
Est-ce que je peux faire miens ces mots du prophète Isaïe :
« Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, Seigneur ! » (Isaïe 63, 17) ?
Patience de l’attente...
Le temps de l’Avent,
c’est aussi le temps de durer dans la patience,
de veiller dans l’attente,
dans la constance et dans la paix.
« Je vais me tenir à mon poste de garde,
Je guetterai ce que dira le Seigneur » (Habacuc 2, 1)
La réponse du Seigneur n’est pas immédiate.
Elle vient, mais à son heure, et pour celui qui la guette.
Elle me fait entrer dans ce temps du désir,
elle m’invite à la confiance,
sûr d’une réponse,
qui dépassera sans doute encore mon attente.
« Prenez courage, ne craignez pas ! Voici votre Dieu ! » (Isaïe 35, 4 )
« Ayez de la patience, vous aussi et soyez fermes,
car la venue du Seigneur est proche » (Jacques 5, 8)
Est-ce que je peux, moi aussi,
m’associer à cette attente de toute l’Eglise et du monde,
adopter l’attitude des veilleurs,
entre patience et impatience,
éveil du désir et fermeté de la confiance ?
Est-ce que je peux, pendant cet avent,
m’attendre un peu plus à l’inouï de Dieu ?