Archives de catégorie : Poésie

La sève de la joie

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Combien c’est reposant
De ne plus compter sur demain
Pour vivre aujourd’hui même
Tout ce qui est à vivre

Comme c’est libérant
De creuser chaque jour
Le sillon de l’instant
Où notre cœur se donne

C’est un carré d’amour
Qui s’ouvre en plein ciel
Une fenêtre de gratitude
Sur la beauté des jours

Tu y croises les rayons de l’été
Et la verdeur de l’âme
Tu caresses du regard chaque fougère
Chaque sourire chaque matin

C’est un chemin docile
Aux aspérités du silence
Une simple respiration
Posée sur la patience des heures

Comme c’est vivifiant
Et tendre pour le souffle
De laisser ainsi monter en soi
La sève de la joie.

Jean Lavoué
www.enfancedesarbres.com

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Saint Joseph, ami de Dieu, guide-nous jusqu’à Lui

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« Il le fallait que la Vierge Marie fût fiancée,
pour n’être point bannie ;
il le fallait qu’il y eût un chaînon
entre David et le Seigneur des mondes,
et que Joseph à ce projet réponde :
ami de Dieu, qui Lui prête son nom.

Il le fallait qu’il passât tous les doutes,
qu’il eût du ciel l’obéissante écoute,
pour ne pas fuir ni rompre son contrat ;
il le fallait qu’il n’eût plus réticence
à ce qu’on croie Jésus sa descendance :
ami de Dieu, qui Lui donne ses bras.

Il le fallait que son ferme courage
sauvât l’Enfant d’Hérode et de sa rage
jusqu’en Egypte, en ces jours assombris ;
qu’à Nazareth, sa ville qui ne brille,
il fît le toit de la sainte Famille :
ami de Dieu, son roc et son abri.

Grand Saint Joseph,
ton destin nous fascine :
Toi qui connus l’humilité divine
et son respect de l’humble et du petit,
le Tout-Puissant, qui de ses Mains travaille,
apprit de toi clous, rabots et tenailles :
ami de Dieu qui fut ton apprenti.

Quand tu mourus, passant du Fils au Père,
ton grand secret s’éclaira de mystère.
Depuis le ciel, c’est nous que tu instruis :
fais-nous sentir l’orgueil comme la peste,
fais de nos cœurs des ateliers modestes,
ami de Dieu, guide-nous jusqu’à Lui.
Amen. »

Guy Jampierre (poète)

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Le chant du réfugié

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Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi,
Le cœur meurtri, les yeux enfumés.
Je suis parti les mains déchirées, les pieds dans la boue.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi,
La rage dans la tête, le tonnerre dans les oreilles.
Je suis parti la peur dans le ventre, mes frères dans la peau,
La fièvre dans le sang, l’amertume dans la bouche.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti mais mon âme est restée.
Par les mers et les terres sans arrêt j’ai erré,
Espéré, supplié, pour un jour pouvoir arriver.
J’ai, des femmes et enfants sans cesse abordés,
Des vieillards et parents innocents rencontrés

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti, mais mon âme est restée.
J’ai couru, marché, sauté, trébuché,
Pour un jour, la liberté pouvoir retrouver,
Pour un jour, aux miens, le goût de vivre redonner,
Et enfin le sourire et la joie pouvoir retrouver.

Je suis parti le feu dans le dos, l’espoir devant moi.
Mon corps est parti, mais mon âme est restée.
Grâce à Dieu, un matin le bateau accosté,
J’ai enfin la liberté retrouvée,
Et l’espoir revenu, j’ai enfin savouré
Ce bonheur espéré, souhaité, mérité.

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Avec des menaces et menottes j’ai été hébergé.
Dans les murs de la liberté j’ai été enfermé.
Le froid du dehors et la glace dans les cœurs
Ont été les témoins de mes premières heures.

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Tous ces gens me regardent étonnés, agacés.
Dérangeant, cet étrange étranger
Qui a oublié ce qu’est le verbe manger,
Et qui a pendant des mois voyagé.

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Je ne sais plus qui je suis, où je suis; je suis dépassé.
J’écoute, je parle, je ne comprends pas, je pleure.
Papiers, dossiers, lois, fonctionnaires, questionnaires.

Mon Dieu, pourquoi tant de méfiance et de misère?
Un drôle de mélange avec mes enfants, mes sœurs.
Mais où sont ma mère, mon soleil, ma maison?
Pourquoi ces ruines, ces guerres, ces larmes, sans raison?

Je suis arrivé, mais mon cœur est blessé.
Ma tête est mélangée, mes os sont froids, mon sang glacé.
Me suis-je trompé de route ou m’a-t-on trompé?
M’est-il interdit de vivre enfin la paix?
La recherche de la terre promise n’est–elle qu’un mirage
Qui naît au milieu des ravages et carnages ?

Je suis arrivé et mon cœur est pansé.
Je suis arrivé et mon trouble a passé.
Ma vie ne s’arrêtera pas; finies mes souffrances.
Le monde me sourit, la vie recommence, ou commence.

Je suis arrivé, et si ma chair est pansée,
Et que me viennent de plus belles pensées,
Mon cœur est auprès ceux qui sont restés,
Qui se battent pour cette chère mais trop chère liberté.

Comme moi ils partiront remplis de colère
Pour enfin retrouver un être cher, une terre,
Un frère, une mère, ou parfois un cimetière.
Comme moi ils feront ce chemin de souffrances
Pour ne plus vivre tant de maltraitance.
Comme moi ils vivront la peur et la douleur
Pour un rêve de bonheur et de douceur.

Slim Daouzli
« Mon poème, « le chant du réfugié » est dédié à tous ceux qui se battent
pour le droit de vivre et à tous ceux qui défendent ce droit. »

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Les lumières d’antan

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Il me souvient des lumières d’antan,
Où Noël venait en scintillant,
Comme une étoile dans mon ciel d’enfant,
Il me souvient des présents élémentaires,
Des petites voitures qui roulaient nos rêves,

Le sourire de mes Parents qui marquaient la trêve,
Celle de mes pressions aux noirceurs scolaires,
Il me souvient de ne croire qu’en Dieu,
Plus au père Noël,
Ce vieux barbu voleur de l’argent de mes parents,

Il me souvient des prières inventées au frais matin,
Pour que la soirée dure une éternité,
Un sempiternel refrain de joies partagées,
Il me souvient d’aimer le monde et ses chagrins,
Déjà cette blessure jamais cicatrisée,

Il me souvient de la messe à minuit,
Quand les lumières parlaient de Tendresse sur Terre,
Il me souvient de toutes les méditations sans réponses,
Il me souvient de mon désir d’entrer au séminaire,
Pour chanter l’Amour toute ma Vie durant,

Il me souvient de mes oncles et mes tantes,
Désormais sous la terre pour se cacher,
Et m’inventer de nouveaux mystères,
Il me souvient ce soir là que jésus parlait,
Dans mon cœur d’enfant où ruisselaient,

Les éclats de sa naissance de nouveau bébé,
Qui viendrait changer le monde et ses plaies,
Et je sentais déjà qu’Il avait besoin de nos bras,
Il me souvient de ce silence intérieur,
Qui faisait naître des mots issus du cœur,

Il me souvient du Paradis dans l’aujourd’hui,
Celui que je vis maintenant au milieu des blessés,
Il me souvient de cette Espérance jamais abandonnée,
Tous les souvenirs construisent le présent,
Et vos souvenirs reflètent ce que vous êtes maintenant,

Vous souvenez-vous de ces journées,
Où l’avenir nous imaginait,
Noël ce n’était pas hier c’est le présent,
Qui renaît chaque instant,
Pour nous faire vivre l’aridité du vent,

Ce souffle qui invente notre vie,
Simplement en le suivant et en l’aimant,
T’en souviens-tu maintenant de cet enfant,
Qui pensait devenir grand,
Et qui n’est qu’une étoile dans le firmament,

Parmi tant d’autres pour créer une société Humaine,
Vraiment…
T’en souviens-tu de tes rêves d’enfant,
Et les vis-tu dans le regard du Temps ?

Bruno LEROY.

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Les clameurs d’Orient

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Les clameurs d’Orient
Ont claqué nos maisons
Harcelé nos demeures
Avons-nous gardé les volets clos
Nous sommes-nous recroquevillés sur l’âtre
En nous taisant
Avons-nous seulement soupesé sous nos côtes
Le sang de nos victimes ?
Où bien avons-nous franchi la ligne
D’où l’on ne revient pas indemne
Avons-nous secouru les mains qui se tendaient
Pris sur nos épaules les corps qui se rendaient
Enduit d’un baume de tendresse
Chaque blessure ouverte
Chaque étoile étonnée ?
Nous sommes-nous levés de nos solitudes absentes
Pour accueillir la joie
Partout où elle affleurait
Nous sommes-nous mis aux pas des pauvres
Pour étreindre ce monde
Pour le réinventer ?

Jean Lavoué
www.enfancedesarbres.com

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L’arbre

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L’arbre ne demande pas à ses branches
De se liguer les unes contre les autres
Pour atteindre le ciel
Il se contente de les laisser croître
Quelle que soit sa taille
Il se sait déjà liberté
Ne faisant qu’un avec Cela
Qu’il lui reste à devenir
L’homme reste trop près de lui-même
De ses feuillages et de ses croyances
Il ne cesse de se hausser
De fustiger ce qu’il ignore
De se prendre pour ce qui le dépasse
Il connaît si peu de ce Rien
Dont il se croit pourtant
Le plus proche
Ce fil léger de la Vie
Courant des racines à la cime.

Jean Lavoué
www.enfancedesarbres.com

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Les naufragés de l’Alzheimer

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J’aime ces gens étranges
Aux trous dans la mémoire
Des trous remplis de plaies
Présentes ou bien passées
Vérités toutes crues
Remontant en marée
Quand les masques ont fondu
Que la farce est jouée

J’aime ces gens étranges
A la mémoire trouée
Qui échangent des bribes
De leurs vies effacées
Voyageurs sans papiers
Sans qualification
Ils sont ce que nous sommes
Et nous leur ressemblons

J’aime ces gens étranges
Qui repèrent la fausseté
Des gestes et des paroles
Réclament l’amour vrai
Carburent à la tendresse
Négligent tout le reste
Ils sont vérité nue
Ils aiment ou ils détestent

J’aime ces gens étranges
Qui ont le mal d’enfance
Comme le mal du pays
Qu’ils chercheraient en silence
Derrière l’apparence
De leur mémoire perdue
Leurs corps parlent une langue
Que nous n’entendons plus

Julos Beaucarne.

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Au commencement de ma vie

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Au commencement de ma vie, il y avait moi,
Et peu de chose vivait vraiment
Et moi-même, je ne savais pas encore
si mon existence était une vie ou une survie.

Et un jour, Dieu dit :
Faisons pour l’homme un appel à la confiance
Et Dieu créa pour moi la confiance en l’autre.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le premier commencement.

Puis Dieu dit :
Lançons pour les hommes un appel à l’espérance
Et Dieu créa pour moi la joie du service des autres
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le deuxième commencement.

Et puis Dieu dit :
Faisons pour les hommes un appel au pardon,
de celui que l’on donne, de celui que l’on reçoit.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le troisième commencement.

Alors Dieu dit :
Créons pour les hommes la possibilité de se transformer de l’intérieur
Dieu fit pour moi le projet de vivre vraiment
selon mon inspiration la plus profonde,
selon mon coeur et la vérité vraie.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le quatrième commencement.

Et puis Dieu dit :
Créons pour les hommes l’envie de vivre en nomade
d’aller de points d’eau en lieux de ressourcement.
Dieu fit pour moi des témoins, des grands vivants,
de ceux-là qui donnent envie de vivre.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le cinquième commencement.

Et Dieu dit :
Créons pour l’homme le mystère de sa propre vie,
qu’il sache qu’il est plus grand que ce qu’il pense être,
qu’il est précieux pour moi
que j’ai foi en lui.
Et Dieu créa la foi comme naissance,
comme accouchement de soi-même
pour devenir vivant, pour faire vivre les autres.
Il vit que cela était bon.
Il y eut la mort, il y eut la vie
Ce fut le sixième commencement.

Alors Dieu dit:
Allons dire aux hommes que tout ce que je dis, je le fais.
Donnons-lui la preuve que mon projet de vivant
se réalise pour eux aujourd’hui.
Faisons jaillir de toutes leurs morts une vie nouvelle,
une autre possibilité de naissance.
Alors Dieu répondit à la confiance de Jésus.
Il y eut sa mort, il y eut sa vie
Et Dieu vit que tout cela était vraiment bon.

Guy Cordonnier, prêtre

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L’avent du jour ► 

 

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Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras…

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Mon Dieu, qui dormez, faible entre mes bras,
mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
j’adore en mes mains et berce, étonnée,
la merveille, ô Dieu, que vous m’avez donnée.

De bouche, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
pour parler aux gens perdus d’ici-bas;
ta bouche de lait vers mon sein tournée,
ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De main, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
pour guérir du doigt leurs pauvres corps las;
ta main, bouton clos, rose encore gênée,
ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas;
ta chair de printemps, de moi façonnée,
ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

Marie-Noël

 

 

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Et en ce jour de la fête de l’Immaculée Conception, le Pape François ouvre solennellement l’Année Sainte, Jubilé de la Miséricorde.  Pour suivre cette année, cliquez sur ce lien  ►

« Redécouvrir et rendre féconde la Miséricorde de Dieu, par laquelle nous sommes tous appelés à apporter la consolation à tout homme et à toute femme de notre temps. »  Pape François

 

 

 

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8 décembre 1965 – 8 décembre 2015.

Nous célébrons également le cinquantième anniversaire de la fin du concile Vatican II (voir nos pages spéciales)

 

avent1.jpg L’avent du jour

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Ouvre-moi …

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J’ai frappé à ta porte
J’ai frappé à ton cœur
Pour avoir un bon lit
Pour avoir un bon feu
Pourquoi me repousser?
Ouvre-moi mon frère !…

Pourquoi me demander
Si je suis d’Afrique
Si je suis d’Amérique
Si je suis d’Asie
Si je suis d’Europe ?
Ouvre moi mon frère !…

Pourquoi me demander
La longueur de mon nez
L’épaisseur de ma bouche
La couleur de ma peau
Et le nom de mes dieux,
Ouvre-moi mon frère !…

Je ne suis pas un noir
Je ne suis pas un rouge
Je ne suis pas un jaune
Je ne suis pas un blanc
Mais je ne suis qu’un homme
Ouvre-moi mon frère !…

Ouvre-moi ta porte
Ouvre-moi ton cœur
Car je suis un homme
L’homme de tous les temps
L’homme de tous les cieux
L’homme qui te ressemble !…

René Philombe.

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l’Avent du jour

 

 

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