Archives de catégorie : Les dimanches salésiens

Spécial 140e anniversaire

Ce 8 mai, nous fêtons le 140e anniversaire de la reconnaissance officielle de notre Association par le Pape Pie IX.

1876 – 2016 : 140 ans de fidélité et d’amour

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(document du Secrétariat Exécutif Mondial  
traduit de l’italien)

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Le Projet de Vie Apostolique définit le profil du salésien coopérateur.
Les traits les plus caractéristiques sont :

Une personne riche d’humanité, élément typique de l’humanisme optimiste de St François de Sales, qui conduit à une vision positive de soi, de la réalité de l’Église, du monde, car il apprend à voir Dieu en toutes choses et voir avec les yeux de Dieu.

Un baptisé, avec un grand amour pour l’Église, qui vit avec joie, gratitude et responsabilité en tant qu’enfant de Dieu, disciple de Jésus, inséré dans les réalités temporelles avec une claire identité et pratique de vie chrétienne.

Un salésien dans le monde, selon la vision originale de Don Bosco, qui le voulait collaborateur passionné de Dieu à travers les grands choix de la mission salésienne: la famille, la jeunesse, l’éducation, le système préventif, l’engagement social et politique.

Que la célébration de cet anniversaire soit pour nous l’occasion de faire mémoire de toutes les personnes qui ont animé et fait grandir notre Association.
Je vous invite à les porter dans la prière et à rendre grâce pour le don de leur vocation et de leur engagement au service de la mission salésienne.

Belle fête à toutes et à tous !
Sans oublier les mamans que nous fêtons ce jour. 

Franz Defaut
Salésien Coopérateur

Pour en savoir plus, visitez notre site www.coopdonbosco.be
et en particulier les pages suivantes :
Notre vocation ►  
Notre spiritualité ►
Notre organisation ► 
Jean THIBAUT, Salésien coopérateur

(11 octobre 1932 – 30 octobre 2001) 

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HEUREUX CELUI QUI GARDE LES MAINS VIDES

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Heureux celui qui garde les mains vides, 
Et laisse l’or et l’orgueil aux avides : 
Un roi grandit dans le pauvre comblé.
 
Heureux celui qui, face aux violences, 
Est lisse tel un roseau sans défense : 
Les doux tiendront sur le monde ébranlé.
 
Heureux celui qui sait le don des larmes, 
La grâce amère où la lutte désarme : 
C’est l’affligé qui sera consolé.
 
Heureux celui dont le cœur et la tête
Ont faim et soif de justice parfaite : 
Il trouvera sous la vigne le blé.
 
Heureux celui qui saigne mais pardonne
Et rend le bien pour le mal qu’on lui donne : 
Devant son juge il paraît sans trembler.
 
Heureux celui qu’épargne toute fange, 
Du clair regard où se mirent les anges : 
Il verra Dieu sans en être aveuglé.
 
Heureux celui qui sème la concorde, 
Les mots de miel dans les bouches qui mordent : 
Un arc-en-ciel viendra l’auréoler.
 
Heureux tous ceux que d’autres jugent dignes
Du vieux mépris dont la croix est le signe : 
Car du Royaume ils possèdent la clé.
 
Office de la veille de la solennité de la Toussaint
 
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Pour se préparer à la fête :   Tous Saints ?
 
 
 

Premier de cordée…

 

Les saints sont comme des guides de montagne. Ce sont des « premier de cordée » qui nous ouvrent la voie, nous encouragent et nous montrent que le chemin de la sainteté est un chemin praticable.

Mais entendons-nous sur le mot « sainteté » ! La sainteté ce n’est pas avoir un air angélique, les yeux chavirés vers le ciel… Ce n’est pas préférer systématiquement les sacrifices à la joie de vivre, être quelqu’un d’irréprochable en tout, quelqu’un d’inaccessible et donc – même s’il a une auréole – quelqu’un finalement d’un peu ennuyeux ! Comme dit la poète Marie-Noëlle de façon un peu provocante, si c’est ça la sainteté alors « Dieu n’est pas un saint ! »… « Et pourtant, ajoute-t-elle, tu es saint, ô mon Dieu ! ».

La sainteté c’est au contraire vivre cette joie dont parle Saint Paul, cette joie de vivre à la suite du Christ, cette joie de se lancer dans la folie de l’amour de Dieu et de ses frères, y compris avec nos faiblesses, avec nos contradictions. Dans la suite du Christ, avouait Saint Bernard, « je suis un voyageur lent qui cherche des détours ! »

Extrait de l’homélie de Mgr Jean Luc Hudsyn
Passage des Reliques de Don Bosco à Louvain-La-Neuve
28/11/2012

Lire la suite ... (et télécharger le texte complet)


Don Bosco à Louvain-La-Neuve : le compte-rendu à lire ICI. 
Vous pourrez ainsi partager toute la joie salésienne qui a illuminé cette belle journée… 

En vidéo du jour nous vous invitons à revivre en photos « Le jour où Don Bosco a kotté à Louvain-La-Neuve« 

Et la dernière étape Don Bosco à Liège :  Don Bosco visite la Cité Ardente

Prière à Don Bosco

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Jean Bosco, tu as vécu pauvre, mais tu as combattu la pauvreté par ton travail.
Tu as voulu que tous puissent apprendre un métier et reçoivent une éducation solide.
Tu as donné du travail à beaucoup de jeunes.

Tu aurais pu devenir brigand, chef de bande.
Tu as maîtrisé ton agressivité pour la mettre au service du bien et de la justice.
Ta vitalité, tu l’as gaspillée pour les jeunes.

Don Bosco, tu as beaucoup aimé.
Ta sensibilité t’a permis de réconforter, de consoler, de comprendre les jeunes pour les guider.
Tu t’es laissé inspirer par la façon d’aimer de Jésus,
Tu as prouvé que le Père nous aime,
En étant toi-même un père.

Jean-François MEURS, sdb

 

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La prière selon Saint François de Sales (1)

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1- La prière : une présence

Parce que la vie chrétienne est aux yeux de François de Sales une vie d’union à Dieu, son secret pour parvenir à la sainteté est de vivre, autant que possible, chaque instant en présence de Dieu. Il n’est donc pas étonnant que la prière soit d’abord placé sous le signe de la présence de Dieu.

A une femme qui avait l’impression de rien faire pendant l’oraison, François écrit : « Vous ne faites rien, ce me dites-vous, en l’oraison. Mais qu’est-ce que vous y voudriez faire sinon ce que vous y faites, qui est de présenter et représenter à Dieu votre néant et votre misère ? C’est la plus belle harangue que nous fasse les mendiants que d’exposer à notre vue leurs ulcères et nécessités. Mais quelquefois encore ne faites-vous rien de tout cela, comme vous me dites, mais vous demeurez là comme un fantôme et une statue. Eh bien, ce n’est pas peu que cela. Dans les palais des princes et des rois, on met des statues qui ne servent qu’à recréer la vue du prince : contentez-vous donc de servir de cela en la présence de Dieu, il animera cette statue quand il lui plaira.  Les arbres ne fructifient que par la présence du soleil, les uns plus tôt et les autres plus tard, les uns toutes les années et les autres de trois en trois, et non pas toujours également. Nous sommes bienheureux de pouvoir demeurer en la présence de Dieu, et contentons-nous qu’elle nous fera porter notre fruit ou tôt ou tard, ou tous les jours ou parfois, selon son bon plaisir auquel nous devons pleinement nous résigner (remettre ou abandonner) » 
Lettre à la Présidente Brûlart, mars 1605            

(à suivre)

  source

Et par les temps qu’il fait, vu l’état général de la société… ces comprimés de salésianité ne sauraient que nous faire du bien !  A consommer sans modération et à partager largement. 

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Cultiver la joie

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Il y a bien des manières de cultiver la joie, directement et indirectement. Le jeu, par exemple ! L’enfant aime jouer ! Mais le jeu permet en outre d’intérioriser des règles, donnant à la joie une dimension publique. Pour certains divertissements, la règle n’est pas primordiale, elle n’est cependant pas absente : on ne construit pas des châteaux de sable sans tenir compte des lois du réel ! D’autres sont régulés par des codes précis et représentent un véritable apprentissage de socialisation par le plaisir. Le foot, par exemple, fait appel et à l’observance des règles et à la combativité des joueurs et à la coopération des équipes et au respect de l’adversaire.

A côté du jeu, bien d’autres activités permettent de cultiver la joie, mais aussi le sens de la gratuité et de la beauté qui réjouissent : activités de loisirs, de solidarité, d’efforts pour autrui, etc. L’éducation ne doit ni survaloriser le plaisir, ni le dévaloriser, mais lui accorder une juste place. L’écueil de l’absolutisation du plaisir laisse croire qu’un plaisir satisfait dans l’immédiat équivaut au bonheur absolu. Inversement, la dévalorisation prive l’enfant des bonnes choses de la vie. Elle aliène son désir de grandir et d’aller de l’avant. Le plaisir donne de la saveur à l’existence. Mais il n’est pas tout. Car ce que l’individu cherche, éducateur comme éduquant, c’est la joie et surtout le bonheur.

La joie est l’aliment et le fruit du désir. Elle est cadeau qui surgit quand on a réussi à faire croître l’humanité en soi-même et en autrui. Elle est nourriture qui à la fois apaise la personne et creuse davantage encore sa faim d’accomplissement de soi, sa soif de bonheur.

Le bonheur, assurément, comme l’écrit Paul Ricœur, est  » une terminaison de destinée et non une terminaison de désirs singuliers ; c’est en ce sens qu’il est un tout et non une source « . En d’autres termes, il n’est pas accumulation de joies partielles, il est totalité d’accomplissement, non atteint dans l’aujourd’hui, mais néanmoins déjà présent comme ce à quoi vise tout acte humain. Il est finalité sensée indiquant tout à la fois la signification de l’existence et la direction du bonheur dans son caractère achevé.  » Nul acte ne donne le bonheur, précise encore le philosophe, mais les rencontres de notre vie les plus dignes d’être appelées des  » événements  » indiquent la direction du bonheur. « 

Les actes de la joie, selon le titre d’un ouvrage de R. Misrahi, préparent donc d’une certaine façon au bonheur, sans pouvoir néanmoins posséder celui-ci. R. Misrahi ne tient sans doute pas suffisamment compte, à mon sens, des déterminations des corps propre et social, incluant un certain non-agir. Mais il a le mérite de souligner la part active de construction de la joie. Et l’éducateur doit apprendre aux jeunes à accueillir humblement les événements heureux, à laisser place aux surprises, mais aussi à goûter la joie d’être enfant de Dieu. Il se rappellera cependant que cette possibilité de se réjouir est liée à la capacité de différer des satisfactions immédiates. Le sujet désirant ne goûtera à la joie de vivre que s’il accepte de quitter suffisamment la plénitude fusionnelle pour s’inscrire dans le champ symbolique du langage.

Enfin, si l’éducation doit cultiver la joie, l’éduquant doit aussi pouvoir découvrir qu’il donne de la joie à son éducateur, par-delà ses résultats (scolaire ou autres). Don Bosco disait que l’enfant a besoin de se savoir aimé, il a sans doute besoin aussi d’observer ou d’entendre la joie de son éducateur.

Marie-Jo Thiel, Eduquer à la Beauté, éduquer aux valeurs, Ed. don Bosco

 

Le mot d’Avent du jour :

« Dieu de tous les humains,
nous nous confions à toi,
dans un esprit de reconnaissance …     lire la suite

 

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La vie intérieure

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« La vie intérieure est une chose primordiale… La vie active est la conséquence de la vie intérieure et n’a de valeur que si elle en dépend. On voudrait tout faire le mieux possible, avec perfection. Mais si ce n’est pas relié à la vie intérieure, cela ne sert de rien. Toute la valeur de notre vie et de notre activité relève de la vie intérieure, la vie de l’amour de Dieu et de la Vierge Marie, l’Immaculée, pas de théories ni de douceurs, mais la pratique d’un amour qui consiste dans l’union de notre volonté à la volonté de l’Immaculée.

Avant tout et par-dessus tout, nous devons approfondir cette vie intérieure. S’il s’agit vraiment de la vie spirituelle, les moyens surnaturels sont nécessaires. La prière, la prière et seulement la prière est nécessaire pour entretenir la vie intérieure et son épanouissement; le recueillement intérieur est nécessaire.

Ne soyons pas inquiets pour des choses sans nécessité, mais doucement et dans la paix, essayons de garder le recueillement de l’esprit et d’être prêts à la grâce de Dieu. Voilà pourquoi le silence nous aide. »

Saint Maximilien Kolbe (1894-1941), Entretiens spirituels inédits

 

Le mot d’Avent du jour :

« Vienne la rosée sur la terre,
Naisse l’espérance en nos coeurs,
Brille dans la nuit la lumière:
Descends vite à notre secours; . …     lire la suite

 

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Grands-parents : transmettre dans la confiance et le dialogue

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Ce que j’ai reçu, à mon tour je vous le transmets….

Il faudrait d’abord se poser la question des valeurs qui ont réellement compté pour nous : la foi en Dieu, mais aussi en la vie, l’espérance, la justice, l’honnêteté, la fidélité à ses engagements, le sens du travail, mais aussi la nécessité d’être heureux, car la joie est révélatrice de l’espérance.

Beaucoup de grands-parents éprouvent un sentiment d’échec, disent qu’ils n’ont pas pu transmettre leurs valeurs à leurs enfants (et tentent de se rattraper avec leurs petits-enfants). Cette souffrance s’est exprimée notamment en ce qui concerne la foi. De nombreux grands-parents souffrent en effet aujourd’hui de voir que leurs enfants ne pratiquent plus ou que leurs petits-enfants ne sont pas baptisés.

Sur les autres valeurs, le constat est plus flou, car on ne sait pas très bien ce qu’il faut transmettre d’essentiel. Les anciens nous avaient transmis des valeurs et des savoir-faire qui étaient issus d’une longue tradition et qui avaient fait leurs preuves. Aujourd’hui, on est confronté à des valeurs plus fragiles, qui ne sont pas issues d’une expérience continue, mais d’une mode passagère.

Transmettre à ses descendants des valeurs auxquelles on était attaché se faisait autrefois sans état d’âme. Désormais, c’est plus compliqué. Il est étonnant que plus il y a de transmission technique, moins il y a de transmission spirituelle. On peut joindre ses petits-enfants à des milliers de kilomètres, et en même temps l’essentiel passe moins. Comme si les techniques de communication empêchaient l’essentiel de passer. Les modes de consommation actuels imposent aussi des types de vie qui gênent la transmission des valeurs. Peut-être faudrait-il s’ interroger davantage sur le sens de la transmission.

Transmettre, ce n’est pas répéter le passé, c’est engendrer de l’avenir, ce n’est pas reproduire, c’est poursuivre un élan.

Car, il ne s’agit pas de s’arrêter au constat amer d’un échec qui ne peut susciter que l’aigreur ; il vaut mieux comprendre les obstacles qui gênent cette transmission pour les surmonter. Plutôt que de s’interroger de façon narcissique, il faudrait peut-être se mettre davantage à l’écoute des plus jeunes.

Transmettre n’est sûrement pas vouloir que l’autre reproduise à l’identique ce qu’on vit soi-même, ou alors nous serions des parents ou, pour les plus âgés, des grands-parents dictateurs.

Il ne s’agit pas de vouloir être servilement imité, et c’est sans doute dans les moments où on veut transmettre à tout prix qu’on y réussit le moins et qu’on risque au contraire de se révéler contre-productif – c’est la différence entre transmettre et vouloir transmettre. Nous témoignons de ce qui nous fonde et il s’agit d’en vivre. Mieux vaut des actes en cohérence avec des convictions que de laborieux discours moralisateurs.

Les jeunes portent cependant des valeurs qui leur sont propres et auxquelles ils tiennent mordicus. Y rester sourd, lorsqu’on prétend à la transmission, décrédibiliserait de facto tout propos éducatif. Nous ne sommes pas seuls, nous les aînés à détenir la science, que nous avons aussi à recevoir des plus jeunes des compétences, mais aussi des valeurs nouvelles. Les grands-parents ont un rôle important à jouer – d’autant plus important que les parents ont moins de temps et que leurs foyers sont souvent déchirés – à condition de créer un climat favorable au dialogue. Les grands-parents sont souvent les confidents de leurs petits-enfants : il faut savoir les écouter, respecter ce qu’ils nous disent, tout en osant affirmer nos convictions, non pas en les assénant comme un jugement, mais comme des valeurs auxquelles on croit et qui nous font vivre. Sans jamais se décourager, car on n’a jamais fini de transmettre : on transmet tout au long de notre vie et même au-delà.

Source « La-croix.com »


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Saints humbles

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 « Ils ne font rien de particulier ou d’extraordinaire pour attirer les regards. Il faut être attentifs pour les découvrir. Quand ils sont là, il y a du respect dans l’air et de la tolérance et de l’amour et une autre tournure des esprits et des cœurs… Une autre lumière. Une joie et une espérance qui viennent de l’Evangile.

Ils ne se cachent pas. Ils n’ont pas honte mais ils sont discrets car ils savent que les grandes moissons germent dans l’obscurité de la terre et que les grandes récoltes se préparent dans les profondeurs.

Ils sont présents, discrets et humbles, comme le levain. Ils font bouger le monde. Ils existent. Il suffit d’être attentifs et on les voit, nombreux, dans les lieux de chaque jour.

D’ailleurs, au milieu de la foule indifférente, tu es peut-être de ceux-là ?… »

Ch SINGER

 

Pour vivre la Toussaint :

Coincée entre potirons et chrysanthèmes, la fête de la Toussaint nous rappelle que nous sommes tous en chemin… pour être saints. Tous saints ? Une question, cent réponses… au moins !   Et ci-dessous, quelques liens pour aller plus loin:

«Textes et prières pour faire la fête…»  
[   Tous saints ?   ]

«La vocation chrétienne est un appel à la sainteté …»  [   Oser être saint !   ]

 

 

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« Chaque arbre se reconnaît à son fruit »

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Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits, chacune « selon son genre » (Gn 1,11) : ainsi commanda-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu’ils produisent des fruits de dévotion, chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion, la vie chrétienne, doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée ; et non seulement cela, mais il faut accommoder la pratique de la dévotion aux forces, aux affaires et aux devoirs de chaque particulier…

Serait-il à propos que l’évêque voulût être solitaire comme les chartreux ? Et si les mariés ne voulaient rien amasser non plus que les capucins, si l’artisan était tout le jour à l’église comme le religieux, et le religieux toujours exposé à toutes sortes de rencontres pour le service du prochain comme l’évêque ? Cela ne serait-il pas ridicule, déréglé et insupportable ?

Cette faute néanmoins arrive bien souvent…

Non, la dévotion ne gâte rien quand elle est vraie ; elle perfectionne tout… « L’abeille, dit Aristote, tire son miel des fleurs sans les abîmer », les laissant entières et fraîches comme elle les a trouvées. La vraie dévotion fait encore mieux, car non seulement elle ne gâte nulle sorte de vocation ni d’affaires, mais au contraire elle les orne et embellit… Le soin de la famille en est rendu paisible, l’amour du mari et de la femme plus sincère, le service du prince plus fidèle, et toutes sortes d’occupations plus suaves et amiables.

C’est non seulement une erreur mais une hérésie, de vouloir bannir la dévotion de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés… Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite.

Saint François de Sales (1567-1622), Introduction à la vie dévote, I, ch. 3

 

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