Humanisation

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L’Homme n’est pas. L’Homme est à faire.
« Nous sommes des commencements d’homme« 
nous dit saint Jacques (Jc 1,18).
Nous sommes des ébauches d’Homme.
Dieu ne crée pas l’Homme tout-fait,
Dieu a horreur du tout-fait.
Dieu crée l’Homme capable de se créer lui-même.

Notre tâche humaine est de créer l’Homme,
c’est-à-dire de faire que l’Homme soit.
Quel est celui qui oserait se lever pour dire :
moi, je suis un Homme ? …
Il y a des choses qui sont toutes faites
mais l’Homme n’est pas une chose.
L’Homme est à faire.

Nos relations et nos institutions
doivent devenir véritablement humaines,
elles sont en cours d’humanisation.
Nous sommes en devenir,
ce sont nos décisions qui contribuent à faire
que nous soyons des Hommes.
Et nos décisions ne sont vraiment humaines
que si elles sont humanisantes.

Notre humanité passe par l’humanité des autres,
notre liberté passe par la libération des autres.
On ne devient pas tout seul un Homme libre,
On devient soi-même un Homme libre
quand on travaille à libérer ses frères.
On devient plus « Homme »
en travaillant à ce que le monde soit plus humain.

Ces décisions humanisantes,
il est rare qu’elles ne soient pas des sacrifices,
des morts à l’égoïsme,
on ne peut pas à la fois se donner et se garder pour soi.
Tout le monde sait par expérience
qu’il n’y a pas de vie humaine humanisante authentique 
sans sacrifice.

François Varillon

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Une réflexion au sujet de « Humanisation »

  1. Myriam de Terwangne

    Merci pour ce beau texte !
    En écho , un texte de Gilles Baudry et un texte de Rabindranath Tagore précèdent une chanson :  » Acclamez le Seigneur avec joie ! »
    GILLES BAUDRY :
    Les yeux fermés, parle de l’intérieur.
    Trouve des mots
    qui soient des portes
    derrière lesquelles
    on écoute la mer raconter une histoire,
    de ces portes qu’on pousse
    au-dedans de soi.
    A l’indicible source
    puise des mots infusés de printemps
    dédiés
    à ce qu’il y a de plus frais
    en chacun.
    Garde la page inapaisée.
    Gilles Baudry,  Nulle autre lampe que la voix  (Rougerie, 2006)
    RABINDRANATH TAGORE :
    N’as-tu pas entendu son pas silencieux?
    Il vient, vient, vient à jamais.
    A chaque moment, à chaque âge,
    à chaque jour, à chaque nuit,
    il vient, vient, vient à jamais.
    J’ai chanté plus d’un chant sur plus d’un monde,
    mais dont chaque note toujours proclamait:
    il vient, vient, vient à jamais.
    Dans les jours embaumés de l’avril ébloui,
    par le sentier de la forêt,
    il vient, vient, vient à jamais.
    Dans l’angoisse orageuse des nuits de juillet,
    sur le tonnant chariot des nuées,
    il vient, vient, vient à jamais.
    D’une peine à une autre peine,
    c’est son pas sur mon coeur qu’il oppresse;
    quand luit ma joie, c’est au toucher d’or de son pied.
    – TAGORE –
      Rabindranath Tagore, L’offrande lyrique, dans: Daniel-Ange, Les feux du désert vol. 2 / Silences (Rémy Magermans, 1973)
    ACCLAMEZ LE SEIGNEUR AVEC JOIE

    Excellente journée !