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Ginette et Francis Collet (groupe d'Ampsin) nous envoie le compte-rendu de notre dernier W-E. Merci pour ce témoignage plein de vie. A lire avec le cœur ouvert sur l'avenir…
Ce grand rendez-vous à ne pas manquer, Dieu sait si nous en avions entendu parler. Ce n'était que louanges dans la bouche de tous ceux qui avaient déjà vécu cette expérience les années précédentes.
Pour Francis et moi, il s'agissait d'une première. Les contraintes de la vie familiale, professionnelle (et j'en passe et des meilleures) nous avaient empêchés jusqu'à présent de vivre, nous aussi, ce « fameux » W-E annuel. Cette année, ENFIN, nous allions pouvoir faire partie des « initiés » et … nous n'avons pas été déçus.
On nous avait dit la bonne humeur, la joie, la fraternité, la convivialité, la spiritualité et que sais-je encore. Ceux qui nous en avaient parlé étaient encore loin du compte. Il faut le voir pour le croire, le vivre pour le comprendre.
Le vendredi soir, chacun est arrivé selon ses possibilités, son boulot, ses bouchons (n'est-ce pas Franz ?) armé de son baluchon et de son pique-nique. Un potage chaud et réconfortant nous attendait et les tables se sont remplies au fur et à mesure des arrivées. Chaque nouvel arrivant était accueilli par de chaleureuses exclamations. Chacun avait la merveilleuse sensation qu'on n'attendait que lui. Les présentations se faisaient naturellement comme dans une famille accueillante où tout qui arrive à l'heure du repas est invité à se mettre à table et à partager dans la joie. Le ton était déjà donné et laissait augurer de bons moments en perspective.
Après le repas, nous avons pris nos quartiers dans nos chambres (très confortables, il faut le souligner). Rendez-vous à 21Hr00 pour la prière du soir dans la grande salle ainsi nommée en raison de sa taille (logique non ?). Cette salle sera le centre logistique de tout ce qui se vivra en commun pendant ce W-E, un peu comme un rond-point qui distribue vers les différentes directions : carrefours de réflexion, repas, détente etc…
N'oublions pas que c'est un W-E salésien que nous vivons, la clôture de la journée s'est faite tout naturellement dans la joie à la cafétéria pour les plus vaillants, pour déguster la fameuse FARNIERES dont on nous avait aussi vanté (à juste titre d'ailleurs) les nombreuses qualités allant de la jouissance d'une douce euphorie au bonnet de nuit pur et simple en fonction de la quantité que vous en absorbez. Les plus sages (dont je fus) se sont contentés d'une. Pour les autres, je me contenterai de dire que, bien que très raisonnables, ils ont bien dormi ..... mieux que certains de leurs compagnons de chambre paraît-il ! (n'est-ce pas Isabelle ?)
LA QUALITE DE LA RELATION A LA LUMIERE DE LA FOI Sur ce chemin, nous avons été accompagnés par Gérard DURIEUX (SDB).
(*) Tout ce qui suit a fait l'objet de notes prises « au vol » et peut donc avoir un caractère verbal dont je vous prie de m'excuser. Cette remarque est valable tout au long de ce livret chaque fois que vous rencontrerez ce sigle (*).
Gérard a jeté les bases de sa réflexion en nous parlant du film A.I. dont l'histoire est celle de la création d'une intelligence artificielle. Les robots y ont l'air plus humains que les hommes et cherchent qui pourrait les aimer.
Nous sommes aussi habités par ce désir : Quel regard, quel amour me dira que je suis unique ?
Depuis l'enfance, nous sommes habités par un certain nombre de paroles : "Dieu nous a fait à son image" : c'est le début de la relation entre Dieu et nous, car l'homme n'est pas fait pour vivre seul. Cette relation se manifeste par le "Tu" que nous disons à Dieu. Ce "Tu" est déjà un acte de Foi.
A quelle vie Dieu nous invite-t-il ? Il nous propose des chemins de vie, notamment par ses commandements qui sont comme une ordonnance de médicaments ayant pour but de mettre de l'ordre dans notre vie. Voici les paroles qu'il nous propose pour suivre ces chemins de vie :
TU ES mon fils, ma fille. Tu es créé.
C'est le premier "je t'aime" de Dieu. Nous sommes aimés depuis toujours (« déjà avant que tu ne sois engendré, je te portais dans mon cœur »). Mais, nous empruntons parfois des chemins qui ne nous mènent pas à la vie quand nous voudrions être sans limites, quand nous voulons nous débrouiller seul en nous prenant pour Dieu. Il faut un consentement au fait d'avoir été créé, mis au monde et que nous avons des limites.
TU ES UN
Nous avons : un corps, …une âme, …un cœur profond que rien ne peut atteindre. C'est la "fine pointe de l'âme"
Jésus s'adresse à notre cœur profond, mais nous ne pouvons pas faire l'impasse sur notre réalité corporelle et psychique. Nous sommes relation en nous-même dans ces "éléments". Nous sommes TRINITAIRES.
TU ES UNIQUE
Nous oublions que nous sommes uniques quand :
la fusion Nous vivons dans la confusion (par exemple quand un enfant doit jouer le rôle d'un parent) Nous vivons sous l'emprise (du conjoint, du patron etc.…) Nous vivons dans la convoitise (Caïn et Abel)
REFLEXION EN GROUPE
L'arc-en-ciel, symbole de l'alliance que Dieu a faite avec son peuple, nous a suivi tout au long de ce W-E. Des petits arcs en bois de couleurs différentes nous ont été proposés. Nous pouvions choisir chacun en fonction de sa sensibilité. Ce choix nous l'avons su après, a déterminé les groupes de réflexions que le hasard ( ?) avait ainsi formés. Au sein de chaque groupe, nous avons été invités à partager chacun une relation vivante importante que nous avons eu l'occasion de vivre.
Le résultat de cet échange profond, parce que faisant référence à des choses vécues, nous avons été invités à le partager en inscrivant chacun sur un petit carré de papier de couleur (encore une référence à l'ar-en-ciel) quelques mots pouvant qualifier une relation vivante. Tous ces papiers collés sur une grande nappe blanche ont formé un grand tapis coloré sur la table de la salle de réunion. Un petit tour de table nous permettait de lire tous ces petits messages venant des autres.
UN TEMPS DE DOUCEUR ENVERS SOI-MEME
Un second temps nous a été proposé par Anne JOKIR, qui introduit notre réflexion en nous expliquant qu'il nous faut être des « êtres de relation ».(*) Nous pouvons avoir différents types de relations, quelles soient conjugales ou autres, mais c'est autre chose que d'être « des êtres de relation ». Il y a en chacun de nous un être aimable, unique puisque nous sommes créés à l'image de Dieu. Il y a en chacun de nous quelque chose de divin et ne pas s'aimer, c'est renier Dieu qui nous a fait à son image. Dieu nous a dit : « Aimez-vous les uns les autres, comme moi je vous aime ». Il nous faut traduire ces paroles de Dieu par : « soyez en relation les uns avec les autres, comme moi je suis en relation avec vous ». Et c'est "mission impossible" si nous ne sommes pas en relation avec nous même dans la douceur. Il faut savoir prendre du temps pour soi, pour s'écouter, pour se regarder, pour réagir à ce que nous ressentons. Tout ce que nous avons découvert de la qualité d'une relation vivante, doit nous poser question de savoir si cela est applicable à nous même vis-à-vis de nous-même, sans orgueil ni nombrilisme. Il y a un trésor caché en chacun de nous. On nous a trop souvent dit de nous oublier, de ne pas se considérer important. Or, il ne faut pas faire l'économie de la découverte de notre étoile intérieure.
40 MINUTES FACE A NOUS-MEMES
Ce temps de "douceur avec soi-même", nous avons été invités à le vivre durant 40' seuls face à nous-même, face à un miroir où nous regarder avec amour pour découvrir chacun la qualité de la relation que nous avons avec nous-même.
Nous nous sommes donc mis chacun à la recherche d'un endroit de solitude et cette recherche était déjà un chemin vers nous-mêmes.
Nous nous mettons souvent en chemin vers les autres, c'est plus facile. Se tourner vers les autres permet souvent d'éviter de se tourner vers soi-même. S'arrêter de gigoter n'est pas évident. Et s'arrêter pour se regarder dans son propre miroir est encore plus difficile. Se regarder avec les yeux de Dieu est à la limite du supportable.
Si Dieu m'aime, c'est donc que je suis « aimable ». Que peut-il bien voir en moi que je n'arrive pas à distinguer ?
Figure et visage
Ma figure, c'est mon apparence extérieure: charmante, banale, agréable selon les critères variables édictés par la vogue de la mode. Ma figure m'est imposée par la nature ou par hérédité. Aucun grimage esthétique ne pourra réellement changer ma figure. Ma figure, je n'y peux rien : elle ne vient pas de moi, je ne l'ai pas créée !
Mon visage, c'est différent, complètement ! C'est moi tout entier avec l'intérieur et avec l'extérieur ! Mon visage, c'est moi avec tout ce que je porte en moi d'infini, de changement, de conversions possibles et que je tente de traduire en paroles et en comportements.
Mon visage, c'est le désir en moi de vivre toujours en plus grand, d'élever l'amour en perpétuel jaillissement par-delà toute usure, c'est la volonté d'aller jusqu'au bout de l'appel que je discerne en moi, c'est l'obstination à mener mon existence à la hauteur de mon humanité et sous le feu de l'Evangile !
Mon visage, c'est moi insufflé d'Evangile ! Mon visage, c'est ma vie en train de se convertir en amour, en don, en réconciliation, en travail pour mes frères. Mon visage, c'est ma vie engagée dans une lente transfiguration en reflétant, peu à peu, la beauté que Dieu a imprimée en moi, c'est ma vie en train de se transformer en Visage de Dieu !
Or, il y a péché ! Le péché est un masque que j'accepte de plaquer sur mon visage, sur ma vie. Ce qui est destiné à être beau, d'un coup est voilé et devient grotesque. Le péché n'est rien d'autre qu'un masque de laideur collé sur mon visage, sur ma vie. Il déforme ce que je suis. Le péché fait grimacer ma vie, mon visage. Il encrasse, il brise, il détourne la lumière qui était sur le point de s'y poser.
Me voici, Seigneur, pour te dire: « Vois mon visage et non les masques de péché qui me déforment. Me voici, Seigneur,pour déposer mes masques et vivre à visage découvert, sous la lumière de l'Evangile.
DIMANCHE EST ARRIVE TROP VITE.(*)
Gérard nous a invités à demander que chacun, les uns pour les autres, nous puissions trouver un peu plus de lumière.
Posons-nous la question de savoir ce que Dieu attend de nous : la volonté du père doit être notre volonté.
Une relation de Foi en Dieu est incomplète si elle se limite à une relation avec soi-même. Une relation doit aboutir à la mission.
Noé est un personnage central dans la bible. Il entre dans l'arche avec tous les animaux (tout ce qui grouille d'ombres en nous) et fait un travail sur lui-même dont l'enjeu est la régénération de toute l'humanité. En nous, se joue le destin de l'humanité.
Son travail, notre travail, consiste en l'unification de nos trois composantes : corps, âme et cœur profond. Quand ce travail sera accompli, nous pourrons porter la paix aux autres. Il faut prendre le temps d'entrer dans l'arche pour faire ce travail d'unification avec nous-même et aussi avec les autres. C'est dans les moments de réconciliation que se joue le destin de l'humanité. Dieu a déposé en nous une semence qui doit rendre cette humanité plus belle.
« Sors, ouvre-toi » Noé a envoyé d'abord le corbeau qui a fait plusieurs fois le chemin de va et vient. Il est le symbole de nos doutes, de nos hésitations, de la descente dans les profondeurs, de ce travail que nous faisons sur nous-même à force de retraite, de récollection etc.…
Ensuite Noé a envoyé trois fois la colombe, l'oiseau de lumière. La seconde fois, elle revient avec du solide : un rameau d'olivier. La troisième fois, la colombe ne revient plus. L'alliance de Yahvé avec les hommes existe déjà, et pourtant, il fait à nouveau alliance avec eux et dépose son arc dans le ciel comme symbole de cette alliance avec l'humanité. Il nous faut aussi passer par corbeau et colombe pour que l'humanité grandisse dans la paix.
Nos communautés chrétiennes devraient être arche : lieu où tout homme et femme viendraient pour faire en lui-même ce travail de corbeau et colombe. Nos assemblées chrétiennes devraient être des lieux où la parole pourrait circuler et nous faire grandir l'un l'autre.
ALLEZ, RENTREZ CHEZ VOUS, ALLEZ AU DEHORS!
Entrez en relation avec les autres, et pour cela, apprenez à les reconnaître. Rencontrez-vous!
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