Naissance d'un laïcat salésien


Sainteté en plein monde

Séduit par l'Introduction à la Vie Dévote, il est convaincu que les laïcs sont, eux aussi, appelés à la sainteté au sein des obligations du monde, et il souhaite leur en donner les moyens par une règle de vie et le soutien de l'amitié fraternelle.

Sa méthode de direction spirituelle empruntée à Saint François de Sales qui allie douceur et fermeté, aura la même efficacité dans tous les milieux.

Il discerne parmi ses dirigées Mme Carré de Malberg qui, en 1872, devient la co-fondatrice de la Société Saint François de Sales.


L'Abbé Chaumont (1838-1896)

Prêtre à l'écoute de son temps

On peut s'interroger sur le foisonnement d'institutions nouvelles se réclamant de l'esprit salésien dans la deuxième moitié du XIX" siècle.

Ce genre de phénomène ne s'explique pas par de simples coïncidences. Nous pourrons peut-être découvrir la raison de ce courant spirituel à travers la vie et l'œuvre d'un de ses animateurs, l'Abbé Henri Chaumont.

La vie de l'Église et les crises qu'elle a traversées ont toujours vu surgir des vocations originales suscitées par Dieu pour s'affronter aux besoins de leur temps.

Ce qui caractérise l'histoire de Monsieur Chaumont, c'est la façon dont il s'adapte aux contradictions d'une société déchirée et poussée aux passions extrêmes.

Une intuition surgit alors. Saint François de Sales n'a-t-il pas vécu une situation analogue de tension entre une Eglise repliée sur ses routines et décidée à les défendre, et une volonté de renouvellement répondant aux changements de la société. Il a aidé ses contemporains à dépasser leurs affrontements en étant attentif à la diversité des tempéraments, des vocations, des situations, des états de vie.

L'enfance d'Henri Chaumont le préparera à cette confrontation. Ses études secondaires sont interrompues par son mauvais état de santé. Il fait alors un apprentissage d'horloger. Il entrera ensuite au Petit Séminaire, puis, au Grand Séminaire Saint Sulpice, il posera les bases solides de son futur ministère: piété eucharistique, approfondissement de l'esprit de discernement salésien dans la direction spirituelle, souci des missions lointaines, groupement sacerdotal fraternel.

Ordonné prêtre en 1864, il est nommé vicaire à Saint Marcel. Il y découvre le dénuement des chiffonniers vivant dans des terrains vagues et l'hostilité de la franc-maçonnerie qui accuse l'Église de favoriser les injustices sociales.

Ce ministère populaire, complété par son expérience d'aumônier de l'hôpital de la Salpêtrière, ne le trouve pas plus dépourvu qu'il ne le sera ensuite dans sa mission auprès des milieux de la paroisse Sainte Clotilde où il est nommé vicaire en 1868.

Après la Commune, il défendra efficacement ses anciens paroissiens de Saint Marcel, entraînés par la vague révolutionnaire, contre la répression sévère des vainqueurs.

Par son rayonnement apostolique, son dévouement inlassable à tous, il suscite un renouveau spirituel qui s'exprime en particulier dans la dévotion eucharistique et la fondation d'associations de laïcs