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PRENDERSI CURA ......



    C'est le miracle de celui
    qui prend au sérieux cette phrase : "Je te les confie pour que tu en prennes soin".

    Beaucoup de richesses chez les jeunes sont latentes, à nous de les réveiller !

    L'éducateur est
    un éveilleur,
    un messager, un guide,
    un compagnon discret
    et aimant qui n'accepte aucun remerciement
    en retour.

    Il ne se prend pas pour le protagoniste de l'éducation, mais ne renonce pas
    non plus à son rôle
    de médiateur.

    Le "prendre soin"
    est une prophétie qui résonne dans un monde distrait et tremblant,
    c'est un appel à la vie,
    une semence pour le futur.

    De Mornèse comme du Valdocco, sortirent vraiment des personnes libres et responsables, capables d'assumer avec créativité
    et fidélité, leur place dans
    la société et dans l'Eglise.








    « Alors que le temps s'écoule et que le travail s'amoncèle,
    dis-nous, Maïn,
    quelle heure est-il
    dans nos vies ?

    Conduis-nous, Maïn,
    sur cette terre de Mornèse
    qui a nourri ton corps,
    qui a façonné
    ton âme…

    Montre-nous le chemin
    qui conduit à Lui.
    Aide-nous à prendre
    dans nos vies,
    le temps de Dieu.
    »
    « la mère qui vous aime tant »   lettre 63, 5

Marie-Dominique MAZZARELLO
... Une Fille de l'Immaculée

Marie Dominique Mazzarello est née dans un hameau du village de Mornèse, au Piémont le 9 mai 1837. Elle est l'aînée et aura 6 frères et sœurs. Il n'y a pas d'école au village. Son père lui apprendra un peu à lire et à compter sur les doigts. En 1848, la famille s'installe dans une ferme isolée, la Valponasca, sur une hauteur à une demi heure du village.

A partir de 1849, elle prend comme directeur spirituel le vicaire de Mornèse, don Pestarino , jeune prêtre qui renouvelle la paroisse par une instruction religieuse intense et la création d'associations pieuses pour les paroissiens. Il lui apprend à se corriger de ses défauts. Elle est admise à la première communion à l'âge de treize ans en 1850.

Désormais, elle centre toute sa vie sur Jésus, et chaque jour, au petit matin, sans avoir rien absorbé - car, en ce temps là, on communiait obligatoirement à jeun - et par tous les temps, elle rejoignait l'église paroissiale par un sentier abrupt pour assister à la messe, puis elle remontait pour la journée de travail à la ferme.

Elle aimait s'unir à Jésus présent au tabernacle de l'église par un regard pendant le travail aux champs, ou depuis la fenêtre de sa chambre qui donnait sur le village.

Or en 1852, une fille de 22 ans, Angela Maccagno, avait eu l'inspiration de créer à Mornèse une association de jeunes filles consacrées à Dieu dans le monde, et vouées à l'apostolat paroissial. Elle avait rédigé un projet de Règle, avec l'aide de don Pestarino.. La ferme isolée de la Valponasca ayant été cambriolée, la famille qui a perdu toutes ses économies , vient habiter au village en 1854. Marie Dominique s'inscrit au groupe créé par Angéla. Et le 9 décembre 1855, les 5 jeunes du premier groupe des Filles de L'Immaculée consacrent leur vie à Dieu en présence de don Pestarino. Sa forte vie de prière est équilibrée par le service des gens du village, un groupe de jeunes mères de famille et surtout un groupe de fillettes, à qui elle donne affection et conseils.

Durant l'été 1860, Marie Dominique est atteinte du typhus en soignant les gens de la région touchés par l'épidémie. Elle arrive à se rétablir, mais elle a définitivement perdu sa vigueur physique d'antan. Très affaiblie, elle ne peut plus être utile à la ferme. Elle décide avec une amie, Petronilla, Fille de l'Immaculée comme elle, d'apprendre la couture auprès du tailleur du village afin d'ouvrir un atelier-école pour les adolescentes.

Après deux années de formation, elles peuvent ouvrir un premier atelier . Il a tellement de succès qu'il doit déménager dans un logis plus vaste, chez le frère d'Angela Maccagno. Puis l'année suivante, elles créent un petit internat car on leur confie des enfants . Enfin, elles lancent un patronage du dimanche, à la manière de don Bosco. Il faut savoir que don Pestarino s'était lié à don Bosco devenant salésien "externe".

Or, le 7 octobre 1864, don Bosco lui-même passe à Mornèse au cours d'une joyeuse promenade d'automne de ses jeunes. Don Pestarino lui présente les Filles de l'Immaculée. Marie-Dominique est comme transportée par cette rencontre. Ses paroles mettent en forme ce qu'elle avait au fond d'elle même et ne savait exprimer. Pourtant le saint homme qui repassa en 1867, 1869, 1870 et 1871, n'eut aucun entretien privé avec elle, il rencontra toujours tout le groupe en présence de don Pestarino .

A l'automne 1867, don Pestarino déménage dans les locaux d'un collège qu'il vient de faire construire avec l'aide des paroissiens, pour y éduquer leurs garçons. Il offre son presbytère aux Filles de l'Immaculée. Marie Dominique vient y habiter avec trois de ses compagnes : Petronilla Mazzarello, Teresa Pampuro et Giovanna Ferrettino. Le groupe y mène vie commune, et la "Maison de l'Immaculée" est atelier de couture, orphelinat et patronage. Marie Dominique est la responsable du petit groupe

Mais don Bosco avait été conquis par la rencontre de ce petit groupe. D'autre part, le Pape Pie IX l'incite à faire pour les filles ce qu'il a réalisé avec les garçons. A l'occasion d'une visite à Mornèse en avril 1869, il laisse par écrit un "horaire programme" et quelques conseils que la petite communauté s'empresse de suivre. Mais il voit plus loin. Il fait remettre à la supérieure des sœurs de Sainte-Anne un exemplaire des Constitutions des salésiens, et lui demande quelles modifications apporter pour en faire les règlements d'une congrégation féminine. En même temps, il demande la même chose à don Pestarino, en l'incitant à faire la proposition aux Filles de l'Immaculée de devenir religieuses....

Celles ci acceptèrent, et le 29 janvier 1872, en présence de don Pestarino, l'assemblée fondatrice des "Filles de l'Immaculée et de Marie Auxiliatrice" se réunit, adoptant la règle qui leur était proposée. Marie Dominique fut élue "supérieure générale" mais refusa, remettant à don Bosco le choix de la supérieure, elle accepta en attendant, le titre de vicaire. Elle savait lire, mais n'écrivait pas et se sentait incapable d'une telle responsabilité.

Don Bosco, qui avait repéré ses qualités humaines et spirituelles, la nomma "supérieure générale" au printemps 1874 , par obéissance, elle accepta. Mais don Pestarino mourut subitement le 15 mai 1874, Marie Dominique perdait son appui habituel. Et don Bosco la confirmait dans sa charge le 15 juin.

Le 23 mai, les filles de la Maison de l'Immaculée déménageaient et s'installaient dans le collège prévu pour les garçons, ce qui ne fut pas du goût de la population locale , frustrée du centre de formation qu'elle avait financé.

Et le 5 août les "Filles de Marie Auxiliatrice" émettaient leurs premiers vœux entre les mains de l'évêque d'Acqui, en présence de don Bosco.

En effet, la communauté primitive de Mornèse , conformément à ses constitutions, tenait don Bosco pour le "supérieur général" de leur congrégation. Et don Bosco, qui considérait Mornese comme une maison de sa congrégation, y détacha comme "directeur général" un jeune prêtre dynamique : Giovanni Cagliero. La communauté vécut la devise des salésiens "travail et tempérance" dans une très grande pauvreté, mais avec un courage joyeux, dans un climat local assez tendu.

Mais un vrai souffle emplissait la communauté, attirant de nouvelles vocations. La ruche essaima : fondations de nouvelles communautés, en Italie, en mission (Amérique Latine), en France (Nice, Marseille, Saint-Cyr, La Navarre)...

La croissance de l'institut imposait en 1879 l'abandon de la maison de Mornèse, devenue trop petite. De plus Don Bosco désirait voir se rapprocher de Turin le centre de sa communauté féminine. La maison-mère s'installa à Nizza-Montferrato.

Mais Marie Dominique, épuisée par le travail, était restée de santé fragile Elle contracta une pneumonie au début de 1881. Marie Dominique vint en France pour accompagner les missionnaires qui prenaient le bateau à Marseille. Elle tomba malade à Saint-Cyr. Elle put rentrer à Nizza, mais mourut le 14 mai, à 44 ans.

Neuf ans après sa création, l'Institut des filles de Marie Auxiliatrice comptait déjà 139 religieuses, et 50 novices, distribuées dans 26 communautés.

Déclarée bienheureuse par Pie XI en 1938, Marie-Dominique Mazzarello fut proclamée sainte par Pie XII le 24 juin 1951. Sa fête se célèbre le 13 mai.