A Marie et Joseph à la recherche d’un logement

(…) A propos de crèche, ôtez-moi d’un doute : la nuit de Noël, est-ce dans votre souvenir la nuit la plus belle ou la plus amère de votre vie ?

Il est vrai qu’avec tous ces anges qui inondèrent de lumière et de chants la cabane de Bethléem, les choses se sont bien terminées ; mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui encore, lorsque vous pensez à cet événement, une ombre de mélancolie atténue votre félicité au paradis. Oui, car à côté de la « sainte nuit », il y a eu une très longue « nuit cruelle », que vous avez vécue dans la peur et dans les pleurs, en vous tenant par la main.

Combien de refus, combien de portes claquées au nez, combien de prêts à usure ?

Vous ont-ils demandé à vous aussi des milliers de francs à fonds perdu ? Vous ont-ils ri à la figure en déclarant qu’ils n’avaient que faire de locations à loyer modéré ? Se sont-ils moqués de vous en vous disant que les habitations du rez-de-chaussée étaient réservées aux bureaux, aux boutiques ou, à la rigueur (étant donné que toi, Joseph, tu étais du métier), à des expositions de menuiserie ?

Comme l’histoire se répète ! Je comprends maintenant pourquoi l’évangéliste Luc qui a décrit la « sainte nuit » avec tant de détails, n’a utilisé qu’une seule phrase pour dépeindre la « nuit cruelle » : ils le déposèrent dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux. Une mangeoire : quelle clinique de luxe pour le fils de Dieu ! (…)

Mgr Tonino BELLO
(in « Aux fenêtres de l’espérance », Ed. Médiaspaul)