Le temps de l’Espérance


Chemins d’Avent, Ed. Signe, 1997, p.1-2



Il paraît que les chrétiens se sont endormis…
Ils auraient baissés les bras…
On les comprend !
Voici tellement longtemps qu’il est venu !

Ils ont égaré sa Parole…
Elle ne les stimule plus.
Ils sont fatigués.
Ils restent entre eux et discutent toujours de leurs identiques problèmes.
Ils ont peur de sortir.
Ils n’osent plus.
Ils ont perdu l’audace d’entreprendre chaque matin, encore une fois, l’édification du monde humain en vue de quoi Dieu les a créés.
Ils ont égaré l’espérance.

“ Sommes-nous encore bons, se demandent-ils anxieusement, pour l’annonce de l’extraordinaire nouvelle qui renverse les sombres structures anciennes et trace les plans d’un monde renouvelé dans la fraternité ? ”

Ils ont égaré la joie. On les comprend !

Les causes sont tellement nombreuses de leur abattement :
d’abord les habitudes de vivre et de croire, puis le manque d’enthousiasme provenant de l’inévitable usure quotidienne, puis les échecs à chaque tournant, puis l’ardeur d’aimer qui s’éteint, et, par dessus tout, les événements du monde et leurs cortèges d’horreurs, de paix ratées, d’économie en faillites, de pauvreté en hausse et de misère qui s’installe.

Il est temps qu’ils entrent en Avent !
Il est temps qu’ils se mettent à Noël afin de ne pas oublier la présence de Celui qui, quelque part dans un endroit d’abandon, est venu parmi eux afin de partager, sans la moindre retenue, leur humaine condition, leur existence quotidienne, leur mort, leurs angoisses, leurs rêves, leur amour et ce désir d’infini en eux…

L’Avent, Noël, l’Épiphanie…
C’est le temps où Dieu vient lui-même réveiller l’espérance de ses enfants en leur donnant son Fils pour frère.

C’est le temps où les chrétiens, ranimés par la présence du Christ né chez eux, retrouvent la persévérance de vivre en hommes et en femmes dignes de ce nom… l’obstination de transformer la terre en humanité digne de ce nom.